Cinema

Frankenweenie : du Tim Burton comme on l’aime

Frankenweenie : du Tim Burton comme on l’aime

18 octobre 2012 | PAR Sarah Barry

Le 31 octobre prochain sort dans les salles la dernière réalisation de l’abracadabrant Tim Burton : une fable attendrissante qui raconte l’amour sans frontières d’un petit garçon pour son chien, tout en faisant référence au cinéma d’horreur des années 30. Est-ce parce qu’il s’agit d’un retour aux sources ? Quoi qu’il en soit, cette adaptation longue d’un court-métrage imaginé par Tim Burton dès 1982 tandis qu’il travaillait aux studios Disney, nous replonge dans l’univers artistique qui a fait l’originalité et le succès du réalisateur. Une phase que les fans apprécieront après les quelques épisodes décevants parmi lesquels Alice au Pays des Merveilles règne en maître …

Si l’envie vous prend d’aller au cinéma le soir d’Halloween, c’est le film qu’il vous faut ! Monstres chimériques, morts-vivants, savants fous, petites filles étranges aux yeux cerclés de noir … les images convenues sont au rendez-vous, mais revisitées. Si l’histoire s’inspire du Frankenstein de James Whale, et rend hommage à différents classiques du cinéma d’épouvante, notamment par la référence à Vincent Price et par le choix du noir et blanc, Tim Burton y ajoute la texture spécifique de l’animation stop-motion, ainsi qu’un humour tout droit sorti d’un quotidien loufoque.

Après la mort soudaine de Sparky, son chien adoré, le jeune Victor fait appel au pouvoir de la science afin de ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru … Victor va tenter de cacher la créature qu’il a fabriquée, mais lorsque Sparky s’échappe, ses copains de classe, ses professeurs et la ville tout entière vont apprendre que vouloir mettre la vie en laisse peut avoir quelques monstrueuses conséquences …

Tim Burton, en virtuose de l’animation image par image, propose donc une troisième création du genre, qui fait suite à deux nominés aux oscars : L’Etrange Noël de Monsieur Jack et Les Noces funèbres. C’est cependant le premier long-métrage d’animation qu’il réalise pour Disney, et l’on y trouve l’association inédite de son style d’animation stop-motion avec la 3D, pour le plus grand bonheur de nos yeux. Car jamais les marionettes du réalisateur n’avaient paru plus vivantes que dans cette adaptation où chaque fil de laine semble pouvoir être arraché de son tricot. On vit une émotion sensuelle étonnante, et on aimerait dire aux créateurs plus grandiloquents de la 3D que leurs pétarades spectaculaires se demènent pour pas grand chose. Ici la sobriété du noir et blanc laisse apprécier la profondeur des volumes, et des astuces simples dans la composition de l’image donnent à la 3D tout son sens esthétique. Le traitement des plans se veut cependant original et complexe, conférant ainsi au film une modernité toute divertissante.

Frankenweenie apparaît donc comme une création raffinée et touchante, qui satisfera aussi bien le néophyte que l’amateur : plus de 200 marionnettes ont été confectionnées afin de permettre aux différents animateurs de travailler chacun de leur côté sur des scènes différentes ; deux années de travail ont par ailleurs été requises pour mener à bien ce projet, qui a du faire appel à bien des compétences. Et c’est presque un testament artistique que nous signe Tim Burton, dans un film où ses lieux communs favoris sont réunis : le cadre d’une banlieue banale comme celle d’Edouard aux Mains d’argent ; le personnage du savant excentrique, que l’on retrouve aussi bien dans ses autres créations sous les traits du « père » d’Edouard, du docteur Finkelstein ou encore d’Ichabod Crane ; la scène finale dans un moulin, qui est celle de Frankenstein, certes, mais aussi celle de Sleepy Hollow ; le petit héros ingénu, comme Victor des Noces funèbres ou Charlie et sa chocolaterie ; et puis les cimetières, les monstres, les revenants, tout cet univers iconographique de l’horreur revu comme un conte de fées. Un bon moment pour les grands, comme pour les petits.

 

Visuels :

A la une : La drôle de fille (c) Walt Disney Pictures

Grand format d’entête : Victor ramenant Sparky à la vie (c) The Walt Disney Company France

Photographie 1 : Affiche officielle du film (c) The Walt Disney Company France

Photographie 2 : Tim Burton et ses marionnettes (c) The Walt Disney Company France

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