Cinema

Four Days in Deauville

Four Days in Deauville

09 septembre 2010 | PAR Geraldine Pioud

Une cascade d’émotions, des adolescents en expérimentation et un film en perdition. Tout cela sous le soleil… exactement!

La dernière fois c’était pour Precious. Ici même il y a un an. Une émotion intense s’était emparée de moi tout au long du film. Cela n’est certes pas comparable, mais Mother and Child m’a donné une claque presque similaire. Destins croisés de femmes, de mères, qui vivent des deuils (de la maternité, des êtres chers,..), des retrouvailles, des larmes et des joies. L’histoire suit trois femmes, dans un montage très habile et maîtrisé, toutes liées par leur désir ou leur refus de la maternité. L’envie d’enfant (et même son rejet) évoque des douleurs intimes, profondes et des complexités humaines : que lègue-t-on à sa progéniture? Quel est l’impact de l’héritage? L’accouchement, ce n’est pas juste donner la vie : c’est mettre un enfant dans le monde, dans la société, avec déjà un passé auquel ce bébé ne peut échapper. Ceci est valable aussi pour les enfants adoptés. Car ce que l’on réalise (si cela n’était pas déjà fait avant) avec Mother and Child, c’est que les liens de sang ne sont pas toujours les plus forts. Il y a d’autres choses, subtiles et délicates, liées au « temps passé ensemble », comme le remarque si justement une des protagonistes. Mais ne vous y méprenez pas : Mother and Child, qui met la femme au coeur de son propos, ne s’adresse pas qu’aux femmes. Il s’agit d’une réflexion plus globale sur la famille, sur l’amour et sur la vie bien-sûr. Avec des acteurs justes, une mise en scène discrète et une bande son subtile. Après la surprise Buried il y a deux jours, cette oeuvre cinématographique est un nouveau coup de coeur. C’est pour ce genre de film qu’il faut aller dans les salles obscures.

Dans un style totalement différent, The Myth of the American Sleepover raconte la dernière nuit de l’été aux États-Unis. La nuit des soirées pyjama (les fameuses Sleepover), des dernières expériences (alcoolisées et/ou sexuelles) avant le retour en cours. Plusieurs adolescents qui cherchent le frisson et l’amour, errent dans la banlieue de Détroit pour une nuit sans sommeil. David Robert Mitchell, dont c’est le premier film, ne nie pas ses influences européennes en termes cinématographiques. Il y a quelque chose de la Nouvelle Vague dans le rythme et dans les prises de vue. Cela ne ressemble en rien aux films d’adolescent : le propos est profond et renvoie chacun de nous à sa propre adolescence (ce qui n’est pas toujours glorieux admettons le!). Malgré quelques faiblesses scénaristiques et esthétiques, le propos est cohérent et intelligent. Le réalisateur a rappelé en conférence de presse, à raison, qu’il ne fallait pas occulter certains instants de vie. Chaque moment forge l’humain. C’est avant tout ce que nous dit The Myth of the American Sleepover. Pour les adolescents bien-sûr, mais aussi pour tout ceux qui l’ont été!

Ce jour en avant-première fut présenté The Imperialists are still alive!. Une jeune artiste plasticienne (jouée par Élodie Bouchez), qui évolue dans le Manhattan branché, apprend lors d’une soirée qu’un de ses amis auraient été victime d’un enlèvement orchestré par la CIA. Dans une ambiance étrange et un peu foullis, le groupe d’amis se protège, essaye de comprendre la situation. Le problème est que le film ressemble à ses personnages : un peu brouillon, assez peu maîtrisé. L’histoire part dans tous les sens et la réalisatrice ne laisse pas le temps de l’attachement. On passe d’un fait à un autre. D’un être à un autre. On cherche à s’accrocher mais tout (et tous) nous échappe. On oublie et, pour être honnête, on s’ennuie un peu. C’est dommage. Mais personne n’a dit que le septième art était une chose facile.

Mother and Child, de Rodrigo Garcia, avec Naomi Watts, Annette Bening, Kerry Washington, Samuel L. Jackson, Jimmy Smits
États-Unis, Espagne. 2h05. Drame
En salles le 27 octobre 2010

The Myth of the American Sleepover, de David Robert Mitchell, avec Claire Sloma, Marlon Morton, Amanda Bauer, Brett Jacobsen, Nikita Ramsey, Jade Ramsey
États-Unis. 1h37. Comédie dramatique
Prochainement

The Imperialists Are Still Alive!, de Zeina Durra, avec Elodie Bouchez, José María De Tavira, Karim Saleh, Karolina Muller
États-Unis. 1h30

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Geraldine Pioud

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