Cinema

First Day in Deauville

First Day in Deauville

06 septembre 2010 | PAR Geraldine Pioud

Même décor, même salle de presse, même personnes ou presque : depuis l’année dernière le Festival de Deauville n’a pas changé. Il a juste un an de plus. Comme moi.

Arrivée ce jour, j’ai raté les trois premiers films de la compétition, projetés pendant le week-end. Abel, de Diego Luna, fait office de mise en bouche festivalière en ce début d’après-midi. Le jeune Abel sort de l’hôpital afin de réintégrer le cocon familial. Il a 9 ans et ne parle plus depuis que son père a quitté la maison. Sans trop d’explication, il se remet à parler du jour au lendemain. Sauf qu’il se prend pour le chef de famille. Malgré l’étrangeté de la chose, la famille joue le jeu afin de ne pas déstabiliser l’enfant. La situation va petit à petit se compliquer lorsque le père (le vrai!) viendra troubler cet équilibre malsain.
Autour de la structure familiale le réalisateur Diego Luna fait exploser les conventions. Cet enfant qui joue au grand sans en avoir conscience place les autres protagonistes dans une situation qui leur échappe. Son frère et sa sœur sont ses enfants; sa mère est sa femme. Si l’œuvre peut paraître choquante car elle touche au noyau familial, il ne faut néanmoins pas s’arrêter à cela. La structure narrative offre des lectures différentes, et la bande son permet une dédramatisation instantanée des dérives enfantines. L’esprit du film se situe dans la tragi-comédie italienne, entre rires et larmes. Abel jouit déjà d’une belle réputation acquise en mai dernier au Festival de Cannes (sélection officielle en séance spéciale). De là à ce qu’il obtienne un prix ici, il n’y a qu’un pas! Réponse samedi soir lors du palmarès.

Abel, de Diego Luna, avec Christopher Ruiz-Esparza, Gerardo Ruiz-Esparza, José Maria Yazpik, Karina Gidi
Mexique, États-Unis. 1h23. Drame
En salles le 5 janvier 2011

À fin de journée film plus léger. Le documentaire d’Adrian Grenier (acteur de la série Entourage) part d’une rencontre originale. Alors qu’Adrian est assailli par les paparazzi, il remarque un d’entre eux bien différent des autres : il s’agit d’un jeune garçon de 13 ans, Austin. Le comédien décide de s’immiscer dans l’univers particulier du jeune adolescent. Le documentaire évoque assez largement les relations entre les photographes et les « people », en essayant d’analyser un phénomène dans lequel tout le monde semble prendre du plaisir. Bien-sûr le propos se nuancera petit à petit, car ce qui filme Adrian a une influence sur la vie d’Austin. L’adolescent accède doucement à une forme de notoriété : il est un jeune paparazzi et son histoire intéresse les médias. Un documentaire informatif, certes, mais qui soulève beaucoup de questions quant à la manipulation médiatique.
Le soleil se couche et la pluie a envahi Deauville. Mais il en faut plus pour gâcher un festival!

Teenage Paparazzo, d’Adrian Grenier
États-Unis. 1h31. Documentaire
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Geraldine Pioud

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