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Festivals d’été : du cinéma pour tous !

Festivals d’été : du cinéma pour tous !

16 juin 2012 | PAR Cecile David

Cannes, c’est bel et bien fini. Adieu tapis rouge, robes griffées, soirées hype et gossips azuréens. Que les cinéphiles se rassurent, le septième art n’a pas dit son dernier mot. Loin des strass du mythique festival français, le cinéma est à l’honneur tout au long de l’été un peu partout en France. Le tout sans chichis.

Échappées belles

Face à la crise, pas facile d’assouvir ses envies d’ailleurs. En attendant des jours plus prospères, pourquoi ne pas se faufiler dans les festivals d’été et s’offrir de belles escapades à petit prix ?
Parmi les rendez-vous les plus exotiques, Paris Cinéma arrive dans notre top 3 en célébrant son 10e anniversaire autour du cinéma venu d’Hong-Kong. Au programme, un retour dans les années 50 et 60 (Sorrows of the forbidden city de Zhu Shilin, The Arch de Tong Shu-shuen), un focus sur des films méconnus de la Nouvelle Vague comme ceux d’Ann Hui ou de Patrick Tam ainsi qu’une mise en avant de la nouvelle génération de cinéastes hong-kongais. Top départ le 29 juin au Forum des Images en présence de Johnnie To, figure éminente de la réalisation hong-kongaise devenu célèbre avec son film d’action fantastique The Heroic Trio (1993).
Le FIDMarseille rend, quant à lui, hommage au réalisateur franco-chilien Raoul Ruiz, disparu l’an dernier. Une halte en Amérique du sud prolongée par le biais de la rétrospective Glauber Rocha, chef de file de la Nouvelle Vague brésilienne, dite cinéma novo. « […] partout où il y aura un cinéaste disposé à filmer la vérité et à affronter les normes hypocrites et policières de la censure, il y aura un germe vivant du Cinéma Novo », expliquait-il dans son Esthétique de la faim (1965). De Festa Na Boca d’Ozualdo Ribeiro Candeias (1971) à Anabazys de Paloma Rocha (2007) ou encore Rua Aperana, 52 de Julio Bressane (2012)… cette programmation promet d’intenses moments de cinéma !

Plus classique, le festival américain de Deauville poursuit le rythme des projections 24h/24 pendant dix jours. L’occasion de mieux comprendre la société américaine  avec « Les Docs de l’Oncle Sam » (dont À la Une du New York Times d’Andrew Rossi et The Black Power Mixtape 1967-1975 de Göran Hugo Olsson) et de découvrir (ou revoir) les succès de l’année passée et de prendre de l’avance sur les séries TV de demain.

De son côté, le Festival de la Rochelle propose pour ses quarante ans un voyage dans le temps. Parmi les moments fort de l’événement : un hommage à l’actrice Anouk Aimée, célèbre partenaire de Jean-Louis Trintignant dans Un homme, une femme de Claude Lelouch (1966),  mais aussi à la réalisatrice Agnès Varda et Pema Tseden, premier cinéaste tibétain en République populaire de Chine. Sans oublier les séances dédiées aux plus belles réalisations de Raoul Walsh et au mythique cinéma de Chaplin.

Paris Cinéma, Paris, du 29 juin au 10 juillet, focus sur Hong-Kong – une dixième édition organisée avec le concours du Festival international du film de Hong Kong
FIDMarseille, festival international du cinéma de Marseille, Marseille, du 4 au 9 juillet
Festival du film américain de Deauville, Deauville, du 31 août au 9 septembre
Festival international du film de La Rochelle, La Rochelle, du 29 juin au 8 juillet

La tête dans les étoiles

Qui n’a jamais rêvé d’une séance ciné en plein air ? Depuis onze ans, le festival Cinéma au clair de lune s’étale dans différents quartiers de la capitale à la tombée de la nuit. Des moments chaleureux où les classiques sont à l’honneur. Avec, cette année,  La Belle Équipe de Julien Duvivier (butte Montmartre),  César et Rosalie de Claude Sautet (Parc André-Citroën) et les célèbres Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy et Agnès Varda (esplanade des Invalides). Dans le même esprit, les « Métamorphoses » de la Villette propose sous les étoiles du vieux (Les Passagers de la nuit de Delmer Daves, 1947), du plus tout jeune (Hair de Milos Forman, 1979), et du récent (Gran Torino de Clint Eastwood, Alice au pays des merveilles de Tim Burton, La merditude des choses de Felix Van Groeningen). Du fantastique, du musical, du drame… bref, de tout !

Pour ceux qui veulent se creuser les méninges, cap sur Douarnenez où les communautés autonomes d’Espagne (la Catalogne, le Pays Basque, l’Andalousie, la Galice, etc.) sont à l’honneur du 17 au 25 août. Pas de censure. Ici la création est reine, qu’il s’agisse de films cultes, de réalisations loin des sentiers battus ou d’œuvres censurées et expérimentales. L’objectif premier est d’ouvrir le dialogue avec, en parallèle des projections, des rencontres, des lectures et des expositions. Tout aussi engagé, le festival Silhouette s’invite sur l’herbe fraîche des Buttes Chaumont et au Centquatre pour tenter de démocratiser le format court (programmation encore inconnue). Même objectif pour le festival du film court de Grenoble et sa « Nuit Blanche », lancée aux douze coups de minuit. Les courts-métrages présentés sont sélectionnés cette année par Christophe Taudière, programmateur des « Histoires Courtes » diffusées sur France 2.

Et pour une évasion complète, quoi de mieux que les Journées romantiques de festival de Cabourg ? Au clair de lune et près de la mer, le romantisme vous est servi sur grand écran grâce aux fameuses séances « ciné-plage ». Les « Regards sur le Pacifique », eux, emportent les spectateurs en plein cœur de paysages océaniques, juste le temps d’un documentaire. Qui succèdera à Jean Dujardin (The Artist) pour le Swann d’Or du meilleur acteur ?

Cinéma au clair de lune, dans les différents quartiers de Paris, du 1er au 12 août, entrée libre
« Métamorphoses », cinéma en plein air de Paris la Villette, du 25 juillet au 26 août, du mercredi au dimanche à la tombée de la nuit – soirée d’ouverture en présence de l’équipe du film Donoma de Djinn Carrénard (France, 2011)
Festival de Douarnenez, Douarnenez, du 17 au 25 août
Festival Silhouette, Aubervilliers, du 1er au 9 septembre
Festival du film court en plein air de Grenoble, Grenoble, du 3 au 7 juillet – le plus vieux festival de court-métrage de France
Festival du film de Cabourg, 26e journées romantiques, du 13 au 17 juin

Action !

Certains événements accentuent davantage ce partage qu’incite l’ambiance des festivals d’été. C’est le cas notamment des Ciné-Rencontres de Prades qui rendent hommage du 13 au 26 juillet à Stéphane Frears (avec, sous réserve, Lay the Favorite en avant-première) et plus largement au cinéma de répertoire britannique (Les chaussons rouges de Michael Powell, Oliver Twist de David Lean ou encore If de Lindsay Anderson). Après chaque séance, le public est invité à venir rencontrer les professionnels présents. Le Aye Aye festival aussi joue la carte de la convivialité en proposant à son public « L’Agora », un lieu où les spectateurs peuvent échanger sur la séance achevée et poser leurs questions aux réalisateurs en personne. Pour cette nouvelle édition, le Aye Aye présente dans sa sélection « Orient express » Karaman de Tamer Yigit et Branka Prlic (Turquie, Festival de Berlin 2012), Latcho Drom de Tony Gatlif (France, Festival de Cannes 1993) ou encore Mustafa’s sweet dreams d’Angelos Abazoglou (Grèce, avant-première), l’histoire d’un apprenti pâtissier de baklava. Le tout en plein air !

Pour un dépaysement total, le festival Résistances se démène en dévoilant au grand public un cinéma engagé, trop rare sur les écrans, à travers des projections, des rencontres et des débats répartis sur plus d’une semaine. Pour 2012, c’est l’heure de la révolution avec pour thème transversal la révolte des peuples. Parmi les invités, Lina Ben Mhenni, professeur d’anglais à l’université de Tunis devenue célèbre lors de la rébellion organisée contre le régime de Ben Ali grâce à son blog, A tunisian girl. Résistances entend faire réfléchir les spectacteurs, notamment par le biais du débat « Nouvelle jeunesse pour une démocratie ? ». Un moment d’échange construit autour des documentaires Nous, Enfants du Rock de Michel Vuillermet (France) et Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh (France) ainsi que Terrados, une fiction de Demian Sabini (Espagne), Microphone d’Ahmed Abdalla (Égypte) et bien d’autres œuvres encore.

Dans le genre singulier, l’Étrange Festival et Côté Court valent aussi le détour. Le premier s’efforce de dévoiler chaque année des O.V.N.I du monde cinématographique, le tout accompagné de performances artistiques décalées. Le but est de faire découvrir aux festivaliers des cinéastes méconnus en France, tels que Ron Athey, Diamanda Galas et Annie Sprinkle. Tout y est permis ! Le cartoon comme le drame, le comique comme le trash, le western avec des nains comme la science-fiction érotique ! Étrange mais pas fou car l’an dernier, c’est chez lui que Bullhead de Michael R. Roskam et Buried de Rodrigo Cortes avaient été mis sur le devant de la scène avant de gagner le cœur du public et des critiques à l’échelle nationale ! Le second entend « explorer les territoires du cinéma » comme le veut sa devise. Pari tenu avec une compétition expérimentale – essai – art vidéo ayant pour but de questionner l’esthétique cinématographie et la soirée Double Bande qui mêle musiques expérimentales et performances cinématographique.

Festival International des Ciné-Rencontres, Prades, du 13 au 21 juillet
Aye Aye film festival, Nancy, du 1er au 8 septembre – L’Agora du festival, du 5 au 9 septembre, 16h30, CIL, rue Michel Ney, entrée libre
Festival Résistances, Foix, du 6 au 14 juillet – débat « Nouvelle jeunesse pour une démocratie ? », jeudi 12 juillet
L’Étrange Festival, Forum des Images de Paris, du 6 au 16 septembre
Côté Court, Seine-Saint-Denis, du 6 au 16 juin

De l’exotique, des flashbacks, du plein-air, du partage, de la réflexion, du bizarroïde… Décidément, c’est chouette les festivals sans tapis rouge !

 

Copyright :
– Aye Aye Film Festival © Maxime Dessaux (image en Une)
Par ordre d’apparition :
The Longest Nite de Patrick Yau © Film City Limited – Paris Cinéma 2012
The Story  of Ricky de de Nam Lai-choi © 2012 Fortune Star Media Limited.  All Rights Reserved. – Paris Cinéma 2012
– Place des Vosges – Cinéma au clair de lune © Nathalie Prebende
– Festival du film court de Grenoble © Alain Maigre – Cinémathèque de Grenoble
– Aye Aye Film Festival © Maxime Dessaux
– Terrados, un film de Dernian Sabini – Festival Résistances 2012 © Terrados de Dernian Sabini

Infos pratiques

Le financement des festivals : “une question sensible”
Musique classique : les festivals de l’été
Cecile David

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