Cinema
« Exit » : un truculent film pour l’ouverture du Festival du Film Coréen à Paris !

« Exit » : un truculent film pour l’ouverture du Festival du Film Coréen à Paris !

30 octobre 2019 | PAR Jules Bois

Dans une salle bondée du cinéma Publicis, s’ouvrait hier soir le Festival du Film Coréen à Paris, qui se terminera mardi prochain. Films inédits, invités, conférences, master-class et palmarès de courts métrages sont au programme.

Le chef programmateur du festival David Tredler présentait la cérémonie, accompagné d’une collègue chargée de la traduction en coréen. Devant une salle bondée, se succédaient les remerciements aux invités et partenaires du festival, dont l’ambassadeur de la République de Corée en France, le réalisateur du film de ce soir, Lee Sang-geun, ou encore l’emblématique acteur Song Kang-ho, dont le film le plus récent sortit en France est Parasite où il y joue le père du protagoniste.

Cette année, le festival s’ouvrait sur une comédie d’action, Exit. Premier long-métrage du réalisateur Lee Sang-geun, il est parvenu, depuis le 31 juillet 2019, à faire plus de neuf million d’entrées en deux mois, propulsant son film parmi les plus grands succès du box-office sud-coréen, tout juste derrière Parasite. Nous étions donc curieux de voir ce film inédit en France, et de comprendre son succès si fulgurant dans son pays d’origine. Un raté sans conséquences s’ensuivit après l’annonce du film, le nom du réalisateur apposé à l’écran n’étant pas le bon. « Si on n’était pas tous bénévoles quelqu’un se serait fait ferait virer ce soir ! », plaisante le présentateur, rapidement pardonné par Lee Sang-geun. Une salve d’applaudissement après un discours de celui-ci, et le film se lance.

Après visionnage, Exit s’avère être un film d’action très drôle, qui se permet même d’être intelligent. Il se moque gentiment de son époque, sans être le chantre d’un modernisme honni. Grossièrement, voici comment nous pourrions résumer le film : Un jeune homme qui ne fait pas grand chose de sa vie, un « looser » trop protégé par sa famille, se retrouve par la force des évènements – un attentat au gaz qui dévaste la ville – à devoir faire n’importe quoi – escalader un building à mains nues, sauter des distances improbables – tant que c’est spectaculaire. Spectaculaire mais pas stupide cependant, on ne rit pas du film mais avec lui. Le comique de répétition de situations désespérées est à mourir de rire.

Tandis que sa famille est évacuée par hélicoptère, le manque de place fait que le héros se retrouve à devoir fuir le gaz qui se propage avec la fille qu’il aime unilatéralement. Un duo assez classique, certes, mais que le personnage principal voue une admiration à son binôme du fait de sa réussite sociale et de ses performances sportives, plutôt que pour l’amour de sa plastique saupoudré d’un instinct protecteur douteux est louable. La performance de Jo Jung-suk qui interprète ce héros pathétique, Yong-nam, est géniale, très persuasif dans son rôle de benêt attachant, à contre-pied des héros de films d’action souvent trop parfais pour être crédibles.
Les ficelles de narrations sont grosses mais le film sait ne pas se prendre au sérieux, et on accepte sans réticence, avec un rire franc, de lui pardonner, comme à un bon ami. On sort de la salle le sourire aux lèvres, après une salve d’applaudissements enthousiastes. 

On ne peut regretter que les sous-titres en français, à la police moins large et plus pâle que ceux en anglais, rendant parfois difficile la lecture, mais on s’y habitue.

Si tous les films touchent aussi juste, on a hâte de découvrir la suite. Une très bonne soirée de lancement en résumé !

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Jules Bois

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