Cinema
Ernest et Célestine, une fable tendre pour petits et grands

Ernest et Célestine, une fable tendre pour petits et grands

18 octobre 2012 | PAR La Rédaction

Le jeune cinéaste Benjamin Renner nous livre une adaptation fidèle des albums créés par Gabrielle Vincent. Sélectionné la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes, ce film d’animation rend un bel hommage au talent de la créatrice de cette saga parue dans les années 1980.

Dans le monde d’Ernest et Célestine, les ours vivent en haut, et les souris en bas, et c’est très bien comme ça. Les ours font fructifier leurs affaires ; et toutes les souris apportent leur contribution à cette économie de la dent si bien rôdée. Ces deux univers suivent leurs inlassables cours, se mêlant le moins possible et tentant de se protéger l’un de l’autre. Les mamans ours ont peur des souris, celles qui viennent chercher les dents de lait tombées de leurs enfants ; et les souriceaux apprennent dès leur plus jeune âge à craindre « les grands méchants ours ». Rien ne destinait donc l’Ours Ernest et la souris Célestine à se rencontrer. Et pourtant. S’entraidant dans quelques aventures qui leur vaudront d’être bannis de leurs sociétés respectives, l’ours et la souris s’enfuient ensemble et apprennent progressivement à s’apprivoiser. Si Ernest, le musicien de rues vivant reclus dans sa petite cabane devient un père de substitution pour l’orpheline Célestine qui rêve davantage de devenir peintre que dentiste, la relation qui se noue entre ces deux marginaux relève plus d’un joyeux compagnonnage.

Rester fidèle aux albums Ernest et Célestine était un défi difficile, d’autant plus que leur auteur, Gabrielle Vincent s’est toujours montrée farouchement opposée, de son vivant, à une quelconque adaptation. Comment rendre compte du tendre humour de ces contes pour enfants, et donner vie à ces illustrations à l’aquarelle, au trait de crayon léger et précis et aux douces couleurs pastel ? Pour mener à bien ce projet, le producteur Didier Brunner a fait appel à un jeune réalisateur tout juste diplômé, Benjamin Renner et au romancier Daniel Pennac. Et son pari est réussi. Si les fans d’Ernest et Célestine les plus puristes seront sans doute un peu choqués du design des personnages principaux – il était sans doute impossible de rendre avec autant de précision la texture du pelage des animaux par exemple – ils découvriront avec joie les décors parsemés de petits détails du dessin animé, particulièrement respectueux de l’univers imaginé par Gabrielle Vincent. Le scénario n’est inspiré d’aucun album, mais Daniel Pennac a su lui aussi conserver l’esprit de la créatrice en mettant en scène la naissance de cette amitié non conventionnelle sans jamais tomber dans le pathos. En parsemant cette fable de comique de situation, comme de répétition, l’auteur de Cabot Caboche prouve une fois de plus qu’il sait écrire autant pour les enfants que pour les adultes. On notera néanmoins que l’intrigue du dessin animé est plus cynique, voire cruelle que celle des albums, comme si Daniel Pennac avait souhaité par là actualiser les aventures des deux amis dans un monde plus proche du notre que celui de Gabrielle Vincent qui nous aurait sans doute semblé aujourd’hui trop naïf.

En s’ouvrant sur un gros plan du dessin que Célestine est en train de réaliser, et en se refermant sur le projet des deux compagnons d’écrire et d’illustrer ensemble des livres qui raconteraient leur histoire, ce dessin animé n’oublie jamais la créatrice. Un bel hommage et une attention qui toucheront tout particulièrement ceux qui ont été bercés par ces contes durant leur enfance.

Ernest et Célestine, de Benjamin Renner, France, Sortie en salle le 12 décembre 2012.

Aïnhoa Jean-Calmettes

Rencontre avec Benjamin Biolay à la FNAC Montparnasse le 24 novembre
La FRENCH TOUCH aux « Arts Décoratifs » Paris
La Rédaction

4 thoughts on “Ernest et Célestine, une fable tendre pour petits et grands”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


    Soutenez Toute La Culture