Cinema

Elle s’appelait Sarah, l’adaptation bouleversante du roman de Tatiana de Rosnay

23 septembre 2010 | PAR Yaël Hirsch

Adapter le bestseller international de Tatiana de Rosnay à l’écran (2 millions de copies vendues dans le mode) n’était pas un pari facile. Avec Serge Joncour au scenario, et l’impeccable Kristin Scott Thomas dans le rôle de la pugnace Julia, Gilles Paquet-Brenner (à qui l’ont doit également.. U.V!) a pleinement réussi a transposer l’émotion de l’Histoire dans l’histoire à l’écran. Sortie en salles le 13 octobre 2010.

Journaliste américaine vivant à Paris, Julia Jarmond (Kristin Scott Thomas) voit sa vie se remplir d’ombres le jour où elle apprend que l’appartement familial du marais où elle doit emménager avec son mari a été acquis par sa belle-famille à l’été 1942. La correspondance entre la date de l’achat de l’appartement et l’expulsion des juifs du marais pour le Vel D’Hiv’ puis les camps n’est pas qu’une coïncidence. Parmi les fantômes du passé que Julia  fait sortir des placards, se trouve la figure de Sarah (Mélusine Mayance, révélation de ce film), une petite fille de 10 ans qui vivait dans cet appartement avec sa famille mais a miraculeusement réussi à sortir du Vel D’Hiv pour tenter de vivre une vie de femme. Le film retrace l’enquête bouleversante de cette journaliste enceinte et que le souci de la vérité  sépare peu à peu de son mari. Le quête se passe entre Paris et New York, avec Niels Arestrup, Dominique Frot, Gisèle Casadesus, et Aidan Quinn dans des rôles secondaires époustouflants.

C’est avec infiniment de rigueur et de respect pour l’Histoire que Gilles Paquet-Brenner se confronte aux fantômes du texte de Tatiana de Rosnay. Aidé par des comédiens fantastiques, au premier rang desquels Kristin Scott Thomas et la magnifique Mélusine Mayence, il parvient à rendre le passé très présent. Il parvient donc à reproduire le tour de force de Tatiana de Rosnay, notamment dans les scènes du Vel d’Hiv, parfaitement insupportables de réalisme. Mais il conserve également à Sarah son caractère insaisissable, ce qui est peut-être encore plus difficile avec les images qu’avec les mots. Le passé pèse à chaque plan, et pourtant la vie continue, bruissante de secrets et de non-dits. L’on ressort du film à la fois dévasté et émerveillé.

« Elle s’appelait Sarah », de Gilles Paquet-Brenner, d’après le roman de Tatiana de Rosnay, scenario : Gilles Paquet-Brenner et Serge Joncour, avec Kristin Scott Thomas, Michel Duchaussoy, Frédéric Pierrot, Mélusine Mayance, iels Arestrup, Dominique Frot , Gisèle Casadesus, et Aidan Quinn, France, 2009, 01h51min, sortie le 13 octobre 2010.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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