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[Live report] Marceline Loridan présentait un épisode de « Comment Yukong déplaça les montagnes » à La Cinémathèque

[Live report] Marceline Loridan présentait un épisode de « Comment Yukong déplaça les montagnes » à La Cinémathèque

08 juillet 2014 | PAR Yaël Hirsch

Comme le remarquait Serge Toubiana, ils étaient nombreux les amis et collaborateurs du couple de cinéastes Marceline Loridan / Joris Ivens à être venu célébrer cette projection-hommage à la Cinémathèque Française, lundi 7 juillet. Un moment très émouvant et une plongée intimiste dans la chine des années 1970.

 [rating=4]

L’occasion de cette rencontre est la réédition par arte vidéo, en version restaurée, de Comment Yukong déplaça les montagnes. Un documentaire en 5 volumes sur la Chine d’après le séisme de la révolution culturelle. Intellectuels de gauche, « amis de la chine comme beaucoup d’entre-nous » rappelle Serge Toubiana, le  couple Marceline Loridan / Joris Ivens a eu l’incroyable opportunité de pouvoir aller y filmer leur documentaire-fleuve en s’immergeant dans la société. « A Paris nous étions des gauchistes, mais là-bas où les gauchistes l’avaient emporté, nous étions des socio-démocrate » explique avec un sourire ironique Marceline Loridan, 85 ans,, pimpante d’énergie dans sa veste fleurie, malgré une atèle à l’épaule. Et de rajouter : « en tout cas on était de gauche, j’ai signé le manifeste des 343 salopes ». Remerciant avec profusion ceux  (et celles) qui l’ont soutenue, notamment Véronique Cayla, à la présidence du CNC et maintenant de arte (« Continuez! Gauche, droite, ne vous préoccupez pas, continuez à travailler, lui a-t-elle dit dans un sourire), la cinéaste s’est montrée très directe, notamment sur les format de films, il s’agit de respecter le 35 mm dans lequel elle a travaillé! ce que le numérique diffusé à la Cinémathèque Permet (ouf!). Enfin quand Serge Toubiana lui a demandé pourquoi elle « n’est pas un monument », cette intellectuelle engagée après avoir survécu adolescente à Auschwitz et témoigné sur la vie dans le camp dès 196o dans Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin, la réalisatrice a répondu avec humour qu’elle était naturellement « trop petite », « presque naine ».

Évoquant les conditions de tournages assez miraculeuses de Comment Yukong déplaça les montagnes, documentaire qui emreinte son titre à un extrait du petit livre rouge, Larceline Loridan a résumé très simplement l’agenda qu’elle a tenu avec son mari : vouloir aller au-delà des clichés négatifs sur la Chine et les Chinois et faire quelques portraits qui permettraient de mieux les connaître et de s’identifier. En ce sens, l’épisode Un femme, une famille réussit parfaitement sa mission : On y suit Kao Chou-Lan, une ouvrière de 30 ans, qui travaille dans une usine de train, un peu ne dehors de Pékin, où elle rentre une fois par semaine retrouver sa fille unique et son officier mari. Pendant qu’elle la suit au marché, dans la cour de son immeuble où tous les voisins préparent des beignets, ou à l’usine où elle est vice-présidente du syndicat, la caméra laisse parler Kao Chou-Lan et évoquer son engagement fort dans la révolution culturelle. Quarante ans après, avec ses plans serrés sur les visages qui refusent le pittoresque, le film est un bain d’authenticité et bien évidemment un document historique unique.

A retrouver au coeur des 12 heures de Comment Yukong déplaça les montagnes  restaurées en coffret de 5 dvds chez arte (49.90 euros).

visuel : (c) yael hirsch et photo officielle du film / Vidéo : Rue89

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]laculture.com

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