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DVD: [CRITIQUE ] « Attila Marcel» Sylvain Chomet ne perd rien de son intrigante poésie en images réelles

DVD: [CRITIQUE ] « Attila Marcel» Sylvain Chomet ne perd rien de son intrigante poésie en images réelles

27 mars 2014 | PAR Gilles Herail

Sylvain Chomet restera à jamais le réalisateur des Triplettes de Belleville. L’un des meilleurs films français des années 2000. Après un autre film d’animation, l’illusionniste décevant au premier abord mais que l’on trouve meilleur à chaque fois, le réalisateur a sauté le pas vers le cinéma en prises de vues réelles. Pour un résultat fidèle à l’univers unique d’un véritable conteur. A découvrir en dvd chez Pathé Vidéo.

Synopsis officiel: Paul a la trentaine, il vit dans un appartement parisien avec ses tantes, deux vieilles aristocrates qui l’ont élevé depuis ses deux ans et rêvent de le voir devenir pianiste virtuose. Sa vie se résume à une routine quotidienne, entre le grand piano du salon et le cours de danse de ses tantes où il travaille en tant qu’accompagnateur. Isolé du monde extérieur, Paul a vieilli sans jamais avoir vécu… Jusqu’au jour où il rencontre Madame Proust, sa voisine du quatrième étage. Cette femme excentrique possède la recette d’une tisane aux herbes capable, grâce à la musique, de faire ressurgir les souvenirs les plus profondément enfouis. Avec elle, Paul va découvrir son histoire et trouver la clé pour vivre enfin sa vie…

Attila Marcel est un nom familier pour les amateurs du cinéma de Sylvain Chomet. Car il évoque cette chanson présente dans Les triplettes de Belleville, restée en tête tout au long de ces années. Attila Marcel a tout pour plaire. L’un des meilleurs acteurs du moment, Guillaume Gouix, est présent et laisse encore découvrir une nouvelle facette de son talent dans un rôle muet de bout en bout (redécouvrez aussi le méconnu mais génial Poupoupidou). Les trois seconds rôles féminins rivalisent de malice avec un plaisir de jeu évident (Anne Le Ny, Bernadette Lafont, Hélène Vincent). Le film est accompagné par une musique et une imagerie faussement nostalgiques, jamais passéistes. Et toujours cette mélancolie d’êtres perdus au sein d’univers qu’ils ne comprennent pas, véritable pierre angulaire du cinéma de Sylvain Chomet. Le critique essaie toujours de comparer, de raccrocher à des écoles, des styles, des influences. On pourra donc parler de Tati, de Jeunet, de Gondry, de tant d’autres. Attila Marcel a surtout une image, un ton, des détails, des idées permanentes, une ambiance, un humour et une petite musique qui n’appartiennent qu’à lui.

Difficile de résumer un film qui se ressent, ne s’explique pas, parle de tristesse sans être triste, ne cherche d’ailleurs pas à délivrer un message précis ou une morale particulière. Attila Marcel n’est pas un film qui va à 100 à l’heure mais s’autorise des excursions burlesques et colorées. Il prend le temps de suivre le rythme de son personnage principal mais n’ennuie pas. Que l’on soit fan ou simplement curieux, Attila Marcel est un plaisir de cinéphile car l’on manque de ces auteurs avec un véritable univers, qui partagent leurs images si personnelles, directement issues de leur imaginaire, mais aussi leurs manières à eux de transmettre des émotions et de raconter une histoire. Sylvain Chomet en fait partie. Et son cinéma mérite d’être découvert.

Gilles Hérail

Attila Marcel, une comédie dramatique onirique de Sylvain Chomet avec Guillaume Gouix, sortie en dvd chez Pathé Vidéo le 5 Mars 2014
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