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Poupoupidou: Jean-Paul Rouve enquête sur l’ombre de Marilyn

Poupoupidou: Jean-Paul Rouve enquête sur l’ombre de Marilyn

11 janvier 2011 | PAR Gilles Herail

Comédie dramatique policière transgenre mettant en scène Jean-Paul Rouve et Sophie Quinton, Poupoupidou est une vraie curiosité. La critique de ce film envoutant, mystérieux, et musical.

Synopsis officiel: « Il est parisien et l’auteur de polars à succès. Elle est l’effigie blonde du fromage Belle de Jura, la star de toute la Franche-Comté, persuadée qu’elle était, dans une autre vie, Marilyn Monroe… Quand ils vont se rencontrer à Mouthe, la ville la plus froide de France, lui est en panne totale d’inspiration et elle déjà morte. “Suicide probable aux somnifères” conclue la gendarmerie. David Rousseau n’y croit pas. En enquêtant sur le passé de Candice Lecoeur, il est sûr de tenir l’inspiration pour un nouveau roman… «

Le réalisateur, Gérald Hustache-Mathieu s’était fait remarquer en 2005 avec son premier film. Comédie dramatique mêlant l’ouverture à la vie d’une nonne, des histoires de famille et une chronique de mœurs pots-adolescentes, Avril avait séduit par sa fraicheur et sa liberté. Changement de cap complet pour ce deuxième passage derrière la caméra qui confirme le talent de son metteur en scène. Jean-Paul Rouve y incarne donc (avec tout son talent) un écrivain blasé qui offre un regard sarcastique sur le village perdu où il s’est retrouvé pour fuir le manque d’idées nouvelles. Le film commence avec une atmosphère à la Fargo, un décor désertique et enneigé, un environnement hostile et des habitants hauts en couleur. On imagine ensuite une comédie de terroir classique, l’opposition entre le parisien artiste et les provinciaux mal dégrossis. On se trompe encore.

Le vrai point de départ du film, c’est le halo qui entoure cette starlette locale, un peu schizophrène, qui hésite entre sa véritable identité (Martine) et son double fictif (Candice Lecoeur). Une jeune fille dépressive qui sait jouer de ses charmes pour obtenir la reconnaissance tout en oubliant petit à petit qui elle est. L’onirique prend ainsi le dessus car Candice apparaît comme une réincarnation de Maryline, même joli minois, même mal de vivre, mêmes histoires, et même sort tragique? Si l’enquête du personnage incarné par Jean-Paul Rouve sert de fil rouge, la révélation finale intéresse moins que son déroulement.

Gérald Hustache Mathieu veut seulement poser une ambiance, une volupté et une vision mi sérieuse/mi second degré de la figure de la starlette trop aimée. Souvent réussi sur le plan visuel, Poupoupidou offre des tableaux très travaillés, une grande sensualité, un jeu sur les couleurs, la présence de nombreux détails et une réelle ambition picturale. Si le scénario est un peu vain, l’ambiance de l’ensemble séduit par sa richesse et son élégance. Porté par une bande son de très bonne facture reprenant de nombreux vieux classiques et certains clins d’œil à la période Maryline, Poupoupidou offre un réel plaisir à son spectateur.

L’alternance un peu brutale entre les différents genres et les différentes tonalités peut surprendre. On se retrouve à la fois dans une enquête Cluédo avec des personnages barrés comme dans le récent Holiday de Guillaume Nicloux puis emmené dans des scènes plus dramatiques, où le mythe de Maryline prend le dessus. Il faut accepter cette bizarrerie qui tient miraculeusement la route malgré quelques baisses de régime. Après l’excellent Simon Werner a disparu, voici une autre vision revisitée du film policier film qui frôle l’exercice de style gratuit mais embarquera les spectateurs qui accepteront ce voyage aux frontières du fantasme. La prestation enivrante de Sophie Quinton en Marylin de pacotille et son « Happy Birthday Mr President » susurré devrait finir de vous convaincre.

Gilles Hérail

Poupoupidou, une comédie policière français de Gérald Hustache-Mathieu, avec Jean-Paul Rouve et Sophie Quinton, sortie le 12 janvier 2010, 1h42

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