Cinema

Django, le western qui a inspiré Tarantino, en salles le 23 janvier

Django, le western qui a inspiré Tarantino, en salles le 23 janvier

17 janvier 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Django ! Django ! Les riffs des guitares wawa, les chœurs pré-seventies, l’orchestre symphonique… La musique de Luis Enriquez Bacalov nous met tout de suite dans l’ambiance de ce western spaghetti signé Sergio Corbucci. La bonne idée des studios Carlotta est de ressortir ce bijou kitsch datant de 1966 quelques jours après l’arrivée de son héritier, Django Unchained réalisé par Quentin Tarentino.

La première image est culte. Un homme de dos, santiags boueuses, tire un cercueil dans la terre sale. Il a l’air d’avoir vadrouillé sévère sans être passé par la case douche depuis un bail. Sur son chemin, il croise des méchants mexicains fouettant une jolie fille, Maria. L’homme, stetson vissé sur le crâne,  sait tirer et dégomme les porteurs de sombreros. Arrivent alors les  chrétiens fanatiques, lieutenants du très raciste Major Jackson, eux, décident de mettre la fille au bûcher. Django  (Franco Nero) les tue d’un trait.  Notre homme et sa protégée se retrouvent donc au cœur d’une guerre qui ne finit pas sur la frontière Mexico-américaine. Les deux clans se disputent dans une violence inouïe. Django a quelque chose à faire là, une vengeance à assouvir.

Ce qui est étonnant dans le film de Corbucci c’est l’aspect irréel de la caméra. Tarentino s’en est inspiré dans toute sa carrière, faisant de la brutalité un genre comique. La distance est parfaite ici. Les filles sont trop grosses, trop maquillées. Le sang est trop rose. Les décors sont trop faux, le Grand ouest trop petit. C’est de ce too much flamboyant que vient la fascination. Car, par un jeu assumé des acteurs, en place dans la maîtrise de l’humour par l’absurde, on se prend au jeu et à l’histoire, on en vient à trembler pour les yeux verts de ce  cowboy sans cheval et sans confiance.

Sous prétexte d’un western classique opposant les bons et les méchants, Corbucci  est militant dénonçant clairement le racisme primaire. On entendra « Le soleil aussi peu foncer la peau mais ils refusent de l’admettre ». Eux, les chrétiens, allégorie à peine simulée du Ku Klux Klan s’amusent au tir aux mexicains. Ils portent des cagoules, ici rouge, et font flamber les croix.

Tarantino voue une passion à Corbucci, il a déclaré dans le New Nork Times du 27 septembre 2012, travailler « sur un essai consacré aux archétypes chez Corbucci ». Django Unchained est un hommage à Django où le si beau Franco Nero fait son apparition…

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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