Cinema

District 9 : et si les aliens étaient victimes de la folie humaine…

16 septembre 2009 | PAR Gilles Herail

Grâce à 4 mots (« produit par Peter Jackson »), District 9 a connu une carrière surprise lors de sa sortie américaine. Succès mérité pour ce film de science fiction intelligent qui compense ses faibles moyens par une approche novatrice des grands thèmes du cinéma d’anticipation.

district-9-1En 1990, un vaisseau extra-terrestre se retrouve par accident dans le ciel de Johannesburg. Ses occupants, affaiblis et malades sont alors installés dans un immense camp de réfugiés. Vingt ans plus tard, alors que le « district 9 » est devenu une zone de non droit, une entreprise est chargée d’évacuer, voire de « nettoyer » la zone.

Dans le premier tiers du film, le réalisateur, Neill Blonkamp, cède un peu facilement à la nouvelle mode de la science fiction américaine. Rappelant un certain « Cloverfield », les scènes sont filmées comme un reportage télévisé, pour accentuer le réalisme et la proximité de l’action. Malgré tout, les images froides et brutales illustrent parfaitement ce chaos organisé où les aliens, parqués comme des animaux, subissent la loi du plus fort.

district-9-2Un homme, Wikus, se trouve au centre du programme d’ »évacuation ». Cynique et amoral, il exécute sans remords l’expulsion et la traque des aliens récalcitrants. Touché par une substance d’origine extra terrestre, son ADN va muter pour le faire devenir l’un d’eux. Sur ce schéma cohérent, District 9 réussit à trouver le juste équilibre entre scènes d’action d’un réalisme saisissant et fable politique aux résonnances ultra contemporaines.

Tourné en Afrique du Sud, le film évoque sans conteste l’apartheid. Le cloisonnement, les privations, et les expériences « médicales » sur les aliens renvoient à l’Histoire mais surtout à un passé très proche. Les soldats chargés de « l’évacuation » ont ainsi la gâchette facile et font curieusement penser aux GI envoyés en Irak.

Une fois encore, Peter Jackson a réussi son pari. Proposer un spectacle grand public rythmé et efficace, qui retourne le schéma classique de l’invasion de la Terre par les aliens pour opposer une vision désenchantée sur la capacité de l’homme à intégrer la différence. Chapeau bas.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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