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Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques

Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques

13 juin 2011 | PAR Olivia Leboyer

Dans une séduisante couverture noir et rose, le premier dictionnaire du cinéma pornographique et érotique français constitue un bel objet à offrir. L’occasion de se familiariser avec un pan méconnu, et souvent méprisé, du cinéma hexagonal !

Le samedi 11 juin, pour fêter la sortie de ce dictionnaire, la très éclectique Cinémathèque française programmait la Nuit de la grande chaleur. Christophe Bier, passionné de cinéma (il a été l’assistant de Jean-Pierre Mocky) et de liberté, est venu présenter l’ouvrage, avec toute son équipe de contributeurs : 1813 titres, de A bout de sexe à Zob zob zob, sont recensés et commentés, dans des « notules » très détaillées. Avec humour, le sympathique Christophe Bier est revenu sur les difficiles conditions de parution de l’ouvrage, annoncé depuis des années (une maison d’édition a été créée spécialement à cette occasion ; la plupart des fonds viennent de dons privés). Le cinéma pornographique est cantonné aux marges, mal connu et, évidemment, très mal considéré. Pour Bier, pour ses amis (dont le directeur de la cinémathèque lui-même !), ce genre existe et doit exister (« à quand un grand cinéma Alpha cinéma sur les Champs… ? » a rêvé Bier). Quelques acteurs porno des années 70 (bien conservés !), sont montés sur scène pour exprimer leur joie de voir leurs vieux films projetés dans ce lieu dit « intello » et devant autant de monde : Richard Allan (dit Queue de béton), à la filmographie conséquente, ainsi que l’excentrique Carmelo Petix (inventeur de la pyramide humaine dans un jacuzzi).
La soirée proprement dite a commencé par une demi-heure de bandes-annonces cocasses de films érotiques (le cinéma érotique a également toute sa place dans le dictionnaire). Nous avons ensuite regardé Sexuellement vôtre de Max Pecas (1974), une comédie érotique culte, aussi lourde qu’hilarante (un ancêtre des frères Farrelly ?), avec le beau Yan Brian. Une pause, avant le passage aux choses sérieuses : la projection de L’Essayeuse de Serge Korber (1975), le seul film français à avoir été purement et simplement détruit. Dans ce film, Emmanuelle Parèze, essaye les vêtements de sa boutique, des culottes fendues, des hommes et des femmes, dans une totale liberté (le point culminant étant la fameuse scène du jacuzzi de la rue d’Odessa, avec Carmelo Petix). Enfin, pour clore cette soirée, Christophe Bier avait choisi de montrer un film qu’il tient pour une perle, Maléfices porno d’Eric de Winter (1978) : un homme impuissant rêve qu’il inflige des tortures, en sous-sol, à deux jeunes filles et un Noir…
A qui le dictionnaire s’adresse-t-il ? Aux amateurs du genre, à l’évidence, mais également aux curieux qui souhaiteraient se renseigner sur cet univers singulier. Sans aucune image, l’ouvrage est d’ailleurs parfaitement présentable !

Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques, de Christophe Bier et al., Serious Publishing, Filo Loco, 1224 pages, 89 €. Paru en mai 2011.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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