Cinema

Denis Villeneuve va s’attaquer au mythe de DUNE

Denis Villeneuve va s’attaquer au mythe de DUNE

04 février 2017 | PAR Mathieu Dochtermann

Alors qu’il est en plein milieu de la promotion de son reboot de Blade Runner, qui doit sortir en France en octobre 2017, le réalisateur canadien Denis Villeneuve provoque une deuxième onde de frissons chez les amateurs de science-fiction, avec l’annonce du studio Legendary Pictures qui a décidé de lui confier le reboot de l’un des films les plus mythiques de l’histoire du cinéma: Dune.

Quand Legendary Pictures a racheté les droits cinématographiques pour Dune en 2016, la rumeur a tout de suite commencé à courir que le réalisateur canadien Denis Villeneuve, qui a d’ores et déjà marqué de son empreinte le cinéma de science-fiction avec Arrival (Premier Contact en VF), et qui signe le très attendu Blade Runner 2049, avait été approché pour prendre la direction du tournage. La confirmation est tombée: le canadien vient officiellement de signer avec le studio.

C’est une nouvelle excitante: Villeneuve a en effet déjà dirigé des block busters, avec une signature singulière qui le caractérise. Certes, on ne sait pas encore s’il est à la hauteur d’un Ridley Scott, et c’est là, au grand minimum, que la barre se situe dans cette entreprise; le résultat du reboot de Blade runner, quand il sera visible, donnera déjà une belle indication de son potentiel.

Car la tâche est écrasante. Dune, c’est, avant tout, pour les amoureux de science-fiction, l’une des plus grandes sagas jamais écrites dans le genre, et on trouvera beaucoup de personnes pour défendre l’idée qu’il s’agit même de la meilleure. Publié par Frank Herbert en 1963 après 6 ans de recherche et d’écriture, le livre éponyme constitue le premier tome d’une oeuvre visionnaire qui a marqué la génération de 68, en liant des thèmes tels que politique, résistance à l’oppression, drogue, sexualité, religion, écologie, poids de l’héritage… Le lien avec l’univers du cinéma se fait lorsqu’Alejandro Jororowsky forme le projet de porter le livre à l’écran, avec un enthousiasme et une ampleur visionnaire telles que, malgré le fait que son projet n’ait jamais abouti, il a marqué l’histoire du cinéma au point de faire l’objet d’un documentaire en 2013. En 1984, une adaptation très controversée sort finalement au cinéma, avec David Lynch à la réalisation et Kyle MacLachlan dans le role principal. Cette adaptation, mal reçue par la critique et relativement boudée du public, n’a fait que renforcer le mythe d’une oeuvre inadaptable au cinéma, même par les plus grands (Ridley Scott s’y serait également essayé, sans jamais atteindre le stade de la mise en production).

C’est donc à un projet chargé d’une mythologie et d’une lourde histoire que Denis Villeneuve s’attaquerait ici. Certes, la mode est aux sequels et aux reboots de tous poils, le cinéma hollywoodien donnant l’impression de n’être plus capable d’écrire de grandes fresques, se contentant de passer de vieux succès à la moulinette numérique. Mais ce n’est pas tant de cela qu’il s’agit ici, que de voir si le raffinement atteint par les effets spéciaux peut permettre de traduire enfin l’épopée écrite par Herbert dans une version filmée. On peut craindre un grand gâchis, l’adaptation cinématographique ne pouvant se faire qu’au prix d’une réduction d’un livre extrêmement complexe; mais si le studio ne sacrifie pas trop aux sirènes d’un cinéma simplement spectaculaire, et laisse le scénario se déployer au-delà d’une machine à effets spéciaux appuyée sur un casting bankable, on pourrait tenir là un film qui ferait date dans l’histoire du cinéma de science-fiction… Reste à prier pour que le résultat tienne davantage d’Alien que de Pacific Rim!

 

Visuels: (C) DR

Le Forum des images fête les 10 ans du Tout-Petits cinéma, le festival des 18 mois-4 ans
Disparition d’Alain Gautré, artiste protéiforme et généreux
Mathieu Dochtermann
Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *