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[Critique] « Hacker » : Michael Mann manque son retour

[Critique] « Hacker » : Michael Mann manque son retour

21 mars 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Avec ce thriller d’action sur fond de piratage informatique, l’autrefois brillant réalisateur livre son film le plus vide.

[rating=1]

HackerQuelques scènes de violence filmées pas comme tout le monde, et une capacité à rendre cinématographiques les entrailles d’un ordinateur : voici ce qu’on peut retenir de Hacker. Pour le reste, on dira qu’il n’y a rien à signaler. Michael Mann a beau savoir encore très bien mettre en scène les affrontements au revolver, on se fiche ici des protagonistes. A tel point que leur mort brutale ne nous donne même pas de frissons. On les a vus tellement de fois ailleurs… Idem pour la quasi-totalité des situations : guère inattendues. Ou pour le rôle joué par le piratage : superficiel. Quant aux méchants, si anonymes qu’on les oublie au générique…

Hacker manque de l’ingrédient qui faisait l’essence du cinéma de Michael Mann : les personnages. Ceux qui savaient donner de la contenance à un pur polar d’action comme Collateral. Ou ceux qui avaient su transformer Heat, film d’action super efficace, en chef-d’œuvre tout court. Ici, Chris Hemsworth joue un pirate rebelle, incarcéré, et libéré contre assistance dans une enquête entre Etats-Unis et Asie ; son coéquipier, chinois, incarne le versant calme et réfléchi de l’équipe ; sa sœur, également impliquée, est pourtant amoureuse de notre pirate ; les méchants ont des motivations pécuniaires… Pas la peine d’en dire plus. Ni film qui transcende son sujet, ni séance d’action simple et bonne (on se lasse très vite de cette traque), Hacker, s’il n’ennuie pas totalement, déçoit beaucoup.

Hacker, un film de Michael Mann. Avec Chris Hemsworth, Tang Wei, Leehom Wang, Viola Davis… Durée : 2h16.

Visuel : affiche de Hacker

Printemps du cinéma 2015 : tarif de 3,50 € la séance du 22 au 24 mars. Programme et sélection des films à ne pas manquer.
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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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