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Critique de Simon Werner a disparu : un teen movie original et réussi

Critique de Simon Werner a disparu : un teen movie original et réussi

16 septembre 2010 | PAR Gilles Herail

Précédé d’une bonne rumeur lancée à Cannes, Simon Werner est une comédie dramatique aux accents de polar qui séduit grâce à la finesse de ces personnages : une belle réussite qui dépoussière le film d’ados. Synopsis : « septembre 1992, dans une petite ville de la région parisienne. Lors d’une soirée bien arrosée, des adolescents découvrent dans la forêt un corps apparemment sans vie, enfoui dans les broussailles. Quinze jours plus tôt… «

Pour son premier long  métrage au cinéma, Fabrice Gobert s’est attelé au périlleux exercice du mélange des genres. Divisé en quatre actes comme autant de points de vue sur les mêmes évènements, son film distille des tonalités différentes où la superficialité du départ perd peu à peu sa place. Le premier quart du film n’annonce en effet rien de bon avec ses personnages d’ados assez clichés et son décor lycéen tout droit tiré d’une high school américaine. L’ensemble sonne d’abord assez faux mais on comprend vite le décalage que le réalisateur a voulu créer. L’environnement, les coiffures et les tenues vestimentaires improbables rappellent que l’époque n’est pas totalement contemporaine et participent à une atmosphère volontairement irréaliste. Ces premières minutes permettent de planter le décor et d’annoncer les prémices de l’intrigue, qui réserve un grand nombre de surprises. Truffant les scènes de détails inexpliqués, Fabrice Gobert fait participer le spectateur de manière très ludique, jouant avec les fausses pistes et tenant son public en haleine. Usant parfois des codes du polar ou du suspense, Simon Werner utilise surtout son intrigue comme un prétexte, permettant de dévoiler des personnages très bien dessinés.

Plus le film avance, plus les caricatures amorcées dans la première partie se fissurent pour laisser la part belle à une description bien plus ambitieuse des aspirations et des doutes de ses protagonistes. On retiendra ainsi les scènes très réussies entre Arthur Mazet et Selma el Mouissi qui incarnent respectivement un garçon propre sur lui, tête de turc de sa classe et une ado punk qui cherche sa voie.  La fugue de ces deux exclus qui recherchent un moyen de quitter un univers qu’ils exècrent reflète la progression du film qui se fait de plus en plus dramatique, voire mélancolique, et où la résolution de l’intrigue n’importe finalement pas plus que ça. La BO résume bien les ambitions et la grande réussite du film. Les thèmes composés par Sonic Youth accompagnent à merveille les aventures de ces lycéens moins lisses qu’il n’y parait. Apportant de la classe et de la profondeur aux situations, la musique est un élément central de l’ambiance très personnelle du film.

Simon Werner a disparu est donc une belle surprise qui montre après Les beaux gosses que les films avec des ados peuvent proposer un traitement intéressant En alliant suspense, comédie et sensibilité, Fabrice Gobert a mine de rien réalisé un grand film dont le dynamisme et la justesse font plaisir à voir. Coup de cœur.

Sortie du film le 22 septembre.

Gilles Hérail

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