Cinema

Critique de Crazy Heart: Jeff Bridges revit au son de la country

22 février 2010 | PAR Gilles Herail

Crazy Heart est un film indépendant sorti en catimini qui a bénéficié d’une nomination aux oscars pour son acteur principal. Un film simple et attachant qui rend un hommage respectueux aux chanteurs de country qui ont enthousiasmé des générations d’américains.

Road movie sensible et nostalgique, Crazy Heart nous fait partager le destin d’une ancienne gloire de la country, alcoolique, malade et usée qui arpente les routes et les bars pour jouer ses anciens succès. Sa rencontre avec une jeune journaliste qui tombe sous son charme de bourru séducteur  va le sortir de sa torpeur et lui redonner goût à la vie.

Après son rôle mémorable de militaire hippie aux cheveux longs dans les chèvres du pentagone, Jeff Bridges s’est littéralement métamorphosé pour incarner cette ancienne star transformée en épave pour un rôle que Depardieu n’aurait pas renié. Vieillissant, affaibli, enchainant cigarettes et verres de whisky, Jeff Bridge apporte tout son talent à un personnage qui s’auto détruit, rongé par les remords et la nostalgie de sa grande époque.

Crazy Heart est un film d’amoureux de la musique, de ces petites villes désertées du sud des Etats-Unis, de ces bars où des petits vieux viennent écouter leurs stars d’antan. Evitant le piège de la nostalgie et du « c’était mieux avant », le film est empreint d’une profonde mélancolie, transcendée par des moments de joie et d’espérance. L’attachement au personnage de Jeff Bridges est immédiat: malgré ces excès et son caractère difficile, cette brute au grand cœur respire l’humanité. La réussite du film vient une fois n’est pas coutume de ces seconds rôles. Maggie Gyllenhaal sort de ces personnages gentiment nais pour endosser le rôle d’une mère célibataire courageuse mais meurtrie par ces expériences avec les hommes. Colin Farell est méconnaissable pour interpréter le fils artistique de bad Blake, un chanteur de country pour minettes qui surfe sur les succès de son modèle.

Très bien joué, filmé sans génie mais efficacement, Crazy Heart séduira les amateurs de road movie intimiste et d’histoires classiques mais racontées avec talent.  A apprécier en se laissant porter par des chansons qui resteront longtemps dans vos cœurs de doux rockers. Après Rocky Balboa et the Wrestler, les anti héros vieillissants réussissent décidemment bien au cinéma américain.

Crazy Heart , réalisé par Scott Cooper, sorti en 2009 aux USA, sortie prévue en France le 3 mars 2010, 111 minutes (1h51)

Gilles Hérail

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