Cinema

Cowboys et Envahisseurs : un western venu d’ailleurs

Cowboys et Envahisseurs : un western venu d’ailleurs

16 août 2011 | PAR Morgane Giuliani

Chaque été, on a droit à la même ritournelle : les films de supers héros, histoire de mettre ses neurones à l’ombre le temps d’un film bourré d’effets spéciaux et scènes d’action trop rapides pour être jamais parfaitement comprises, et de répliques condescendantes dont il vaut mieux rire que pleurer. Avec Cowboys Et Envahisseurs, un vent nouveau, et plutôt plaisant, souffle sur les blockbusters estivaux.Sortie en salles le 24 août.

Tout commence dans un désert d’Arizona, en 1873. Un homme se réveille, perdu. Il ne reconnait rien autour de lui. Pis, il n’a aucun souvenir, même pas celui de son nom. Surgissent alors au détour d’un cactus trois hommes à cheval qui ont tôt fait de profiter de son embarras. Bien mal leur en prend. A lui seul, il n’en fait qu’une bouchée, aidé d’un mystérieux bracelet électronique enserrant son poignet. En selle et coiffé d’un chapeau qui ne le quittera pas pendant le reste de l’aventure, il s’élance à travers les plaines désertiques, et atterrit dans une bourgade bien-nommée : Absolution, où le seul éleveur de bovins, Col. Woodrow Dolarhyde (Harrison Ford), règne en maître. Si la ville est intriguée de l’arrivée de cet inconnu sans passé, silencieux et bourru, d’autres évènements bien plus étranges encore vont venir troubler son quotidien, à commencer par l’attaque de « diables » venus du ciel…

Ainsi débute Cowboys Et Envahisseurs, blockbuster débordant de testostérone, en atteste l’imperturbable Daniel Craig, même face à une attaque musclée d’extra-terrestres sur la petite ville d’Absolution. On suit son parcours dans ce combat semblant perdu d’avance, représentant le seul espoir des hommes grâce à son étrange bracelet électronique, seule arme capable de contrer « les diables ». Celui-ci ne manque pas d’attirer l’attention d’une autre figure tout aussi mystérieuse : Ella (Olivia Wilde alias « Numéro 13 » dans la série Dr House), jeune femme solitaire (elle aussi) et qui n’a pas froid aux yeux (elle non plus). Le film est donc porté par un triple mystère : le passé du cowboy, qui n’apparaît d’abord que par intermittence de flashs semi-mystiques, mais aussi celui d’Ella, semblant débarquer de nul part et enfin, celui de l’existence-même des extra-terrestres.

Ce dernier est d’ailleurs le plus captivant car nous, humains du XXIème siècle, sommes habitués depuis bien longtemps aux petits hommes verts et autres soucoupes volantes, vus dans des films cultes comme Independance Day ou dans des nanards sauce « l’Attaque de la Moussaka Géante » (ce film existe bel et bien). Depuis, nombre d’objets ont été inventés pour en venir à bout : pistolets laser, tournevis sonique et autres subtilités difficilement trouvables en plein Arizona, au 19ème siècle. On observe donc avec intérêt et il faut bien l’avouer, un léger cynisme, la décontenance des cowboys, shérifs et autres tenants de bar face à l’invasion des « diables du ciel ». Saluons tout de même leur courage à toute épreuve, n’hésitant pas à s’élancer dans le désert à leur poursuite, l’espoir en bandoulière de sauver leurs proches capturés (parce que sinon, ça n’est pas drôle).

Mais venons-en au plus important : les extraterrestres. Il faut saluer la prouesse technique du réalisateur Jon Favreau, aidé d’un producteur de rêve et maître en la matière : Steven Spielberg. Favreau a fait le choix -judicieux- de ne révéler les petites bêtes que vers la moitié du film, parvenant à créer une angoisse délicieuse. La patience paie et lorsqu’on les découvre enfin, un constat s’impose : ils sont extrêmement bien réussis et l’illusion est parfaite.

Aussi, on adhère sans peine à ce western semi-apocalyptique et ce, essentiellement grâce au contexte inédit et aux paysages magnifiques qu’il propose plus qu’à la prouesse de jeu des acteurs. En effet, l’étendue des personnages proposée est certes variée mais réchauffée : entre le cowboy rustre mais qui a, au fond, bon cœur, la mystérieuse et magnifique jeune femme indépendante, l’homme maladroit pas fichu de bien manier le pistolet, l’enfant orphelin grandi par les épreuves de la vie, les Indiens pas si sauvages que ça et le vieux baroudeur qui a tout vu (campé par Harrison Ford), on a parfois une impression de déjà-vu, justement. Surtout dans certaines scènes où l’on se croirait presque dans un énième Indiana Jones, preuve qu’il ne fait pas toujours bon mélanger deux figures incarnant chacune un « culte mâle » propre (l’aventurier intello pour Harrison et l’agent secret mégalo pour Craig).

D’autres éléments alourdissent encore l’ensemble et en premier lieu, l’Alzheimer patent du personnage principal, qui finit par agacer avec ses flashs pour la majorité semblables et indéchiffrables, de même que les nombreuses répliques « Je ne sais pas qui je suis », à rendre fou par leur répétition le plus zélé des psychanalystes. S’ajoute l’obsession d’Ella pour le cowboy qui lasse rapidement, car on n’en découvre que tard le véritable objet.

Cependant, on se prend facilement au jeu de cette chasse-poursuite à travers le désert, et les nombreux rebondissements, inattendus pour la plupart, parviennent à créer l’ambiance angoissante, oppressante, que l’on attend d’un bon film de science-fiction. Les confrontations avec les extraterrestres sont réussies et prenantes, le suspens au rendez-vous. Cowboys et Envahisseurs est donc un bon divertissement à tester, ne serait-ce que par goût des mariages improbables. Ou ne serait-ce encore que pour les beaux yeux bleus de Daniel Craig.

Danser sa vie : Beaubourg célèbre la danse à l’automne
Massoud l’Afghan un documentaire phare de Christophe de Ponfilly
Morgane Giuliani

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *