Cinema

Cochon qui s’en dédit : une vision barbare du conditionnement du travail et de l’argent

06 janvier 2011 | PAR Coline Crance

Cochon qui s’en dédit est un film de Jean-Louis Le Tacon. Datant du début des années 1980 , il ferme l’ère du cinéma dit « militant » commencée en 1967 avec les groupes Medvedkine et dont le précurseur fut Jean Rouch. Cochon qui s’en dédit clôt ce chapitre orchestré en 1981 par l’arrivée au pouvoir de Mitterrand et le début d’un cinéma documentaire dit « d’auteur » incarné par Claire Simon ou encore Nicolas Philibert.

Jean-Louis le Tacon dans ce film pose sa caméra super 8 dans la porcherie bretonne de Maxime Duchemin. Maxime a lui-même monté sa porcherie avec un plan de financement alléchant. Mais bien lui en a pris , au bout de cinq ans , les deux pieds dans le lisier, Maxime sombre sous les dettes, les ennuis , les déceptions et les frustrations. Sous la caméra de Jean-Louis Le Tacon, Maxime se confie grâce à la distanciation que lui procure l’image. ( la voix off est rajoutée après le tournage)

Ce documentaire est un film sur la condition du travail, celle d’un homme inféodé à sa machine. Seulement cette machine est vivante, elle est cette multitude de porcs, elle est Maxime qui malgré lui fait partie de sa propre machine. Il sent porc, il pense porc, il baise porc. Enchaîné , il se bat pour garder son intégrité contre la raison économique, emporté par ces rouages qu’il ne contrôle pas. Dans la porcherie, il ne parle que de putréfaction et de mort. Il est entouré de tombereaux de merde symbole d’un capitaliste considéré comme une pure porcherie. A la fois victime et tortionnaire son intégrité ne s’exprime alors que par la caméra de Jean-Louis Le Tacon dernière lutte contre cette machine morbide.

Documentaire puissant et violent, il est une véritable émotion politique  visionnaire et incarnation de son temps. Jean-Louis Le Tacon se fait l’expression d’un art documentaire qui s’impose à la fois comme une pratique majoritaire, politique et artistique.

Cochon qui s’en dédit de Jean le Tacon aux éditions Montparnasse. Documentaire français. durée : 40mn ( annexe Du l’art et du cochon durée : 40 mn, L’homme cochon, vingt ans plus tard durée : 11 mn. ) sortie Dvd :  le 4 Janvier 2011


Cochon qui s’en dédit
envoyé par editionsmontparnasse. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

 

 

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Coline Crance

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