Cinema

Cinéma : Harvey Milk, de Gus Van Sant

27 février 2009 | PAR Yaël Hirsch

En lice pour l’oscar du meilleur acteur principal masculin 2009, Sean Penn repasse devant la caméra dans un biopic sur le premier homme politique ouvertement gay et défendant les droits des homosexuels élu.

harvey-milk Qui eut-dit que Gus Van Sant, le réalisateur griffé « indé » et fasciné par l’adolescence trouble (« Elephant », « Paranoid Park ») avait en tête depuis près de vingt ans le projet de tourner un film biographique sur le leader et « martyre » gay Harvey Milk ?

Délaissant les tons bleus glacés qui étaient son image de marque, le réalisateur plonge dans la minutie de l’exactitude historique d’un film long (plus de deux heures) et au budget de 15 millions de dollars. Retraçant chronologiquement la vie de l’homme politique, Van Sant le suit à la trace de sa vie d’homosexuel caché à New-York à son meurtre en passant par la libération du déménagement à San Fransisco, l’engagement politique, la difficulté des campagnes, et le triomphe de l’élection. L’objectif du film est presque documentaire, et « Harvey Milk » ressuscite avec une minutie parfois un peu étouffante chaque détail vestimentaire, psychologique et de comportement du candidat gay.

L’excellent Sean Penn se prête au jeu avec passion et semble complètement habité par son rôle, pour lequel il est encore une fois, totalement oscarisable. Grâce à un casting plus que parfait (notamment Emile Hirsch en directeur de campagne, le touchant Josh Brolin dans le rôle de l’assassin, Dan White, et Alison Pill en touche de féminité impertinente dans un film terriblement masculin), Gus Van Sant a évité l’hagiographie pesante. Du moins jusqu’aux inévitables dix dernières minutes d’indignation populaire. Les nombreuses questions politiques de savoir s’il est possible de bâtir un programme de campagne sur les droits des minorités, et l’enchevêtrement de la vie privée et public du personnage historique sauvent l’œuvre du piège d’un maniérisme trop prononcé.

Le résultat est une fresque aux images chaudes, et peut-être encore plus profitable à un public non-américain puisqu’on y apprend beaucoup sur le climat politique du San Francisco des années 1970.

“Harvey Milk” de Gus Van Sant, avec Sean Penn, avec Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch, Alison Pill, USA, 2008, 2h07.

 

 

Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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