Cinema

Un violent désir de bonheur : du lyrisme poétique à (trop) haute dose[Cannes Acid]

Un violent désir de bonheur : du lyrisme poétique à (trop) haute dose[Cannes Acid]

12 mai 2018 | PAR Aurore Garot

Présenté dans la section indépendante ACID du festival de Cannes ce samedi 12 mai, Un violent désir de bonheur réalisé par Clément Schneider, nous plonge dans un décor naturel idyllique mais surtout dans un excès poétique et allégorique qui nous fait rapidement perdre le fil de son propos.

En 1792, loin de l’épicentre parisien révolutionnaire dans une campagne niçoise, le jeune moine Gabriel (Quentin Dolmaire) voit son couvent pris d’assaut par une troupe de sans-culottes avec lesquels il va devoir apprendre à cohabiter. Entre l’habit de moine et celui du soldat, Gabriel devra faire un choix pour pouvoir rester dans son cocon éloigné du reste du monde et décider du rôle qu’il doit jouer dans la tempête de son époque.

Loin d’être un film historique sur la révolution française, Un violent désir de bonheur est long-métrage (à l’origine court) illustrant l’intemporalité ; le réalisateur introduit consciemment des anachronismes dans les répliques, comportements mais aussi à travers les personnages en tant que tels, afin de donner l’impression à son spectateur que ce monde n’est pas différent du nôtre et qu’il aborde les mêmes problématiques. Car ce dont il est question, notamment à travers le personnage de Gabriel, est plus profond, plus spirituel et surtout plus personnel que la Révolution Française en tant qu’événement historique et social. Gabriel est un jeune homme en proie à des troubles intérieurs comme n’importe quel adolescent en plein devenir qui découvre l’amour et qui réagit face aux injustices dans un monde de luttes auquel il ne souhaite pas participer. Mais rien n’est très clair. Entre le jeu de Quentin Dolmaine qui laisse à désirer, les propos (et les silences) toujours énoncés dans l’implicite et la métaphore, et les scènes à rallonge qui ne disent rien… Difficile de comprendre où Clément Schneider veut en venir. A trop vouloir jouer dans le lyrisme poétique, il perd son spectateur qui cherche indéfiniment à comprendre le propos de cette histoire.

Mais à défaut de nous avoir emporté dans son scénario, le réalisateur a quand même réussi à nous transporter dans les paysages idylliques niçois qui servent de décors, et qui donnent l’impression d’être en plein Jardin d’Eden où Gabriel et Marianne (que nous supposons être une esclave affranchie) vivent leur amour simplement tels Adam et Eve. Dans ce lieu coupé du monde, le calme et la paix règne, et le temps s’arrête…A défaut du film qui tarde à faire apparaître son générique de fin.

©Les Films d’Argile

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