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Cannes 2022, Compétition : Showing up, beau film à la mise en scène toute douce et sensible

Cannes 2022, Compétition : Showing up, beau film à la mise en scène toute douce et sensible

28 mai 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Avec cette nouvelle réalisation, Kelly Reichardt met en place un scénario classique mais fait la différence de par son point de vue, visant avant tout à être ultra sensible.

Pas encore extrêmement reconnue comme  sculptrice, très besogneuse, Lizzie essaye de se concentrer pour préparer sa prochaine exposition. Plutôt difficile, étant donné que sa voisine, qui est aussi sa logeuse et aussi artiste, n’entretient que trop peu l’endroit où habite sa locataire, et que de surcroît elle lui confie un pigeon blessé qu’elle a ramassé. Comme par-dessus tout ça certaines des petites sculptures de Lizzie sortent du four brûlées d’un côté et qu’elle se fait du souci pour son père et son frère, tout semble dérailler…

La situation plantée dans ce nouveau film par Kelly Reichardt, réalisatrice à présent très fêtée, n’est pas vraiment inédite. C’est sa réalisation qui vient faire la différence : elle paraît vouloir surtout s’attacher aux silhouettes de ses protagonistes. Ce faisant, elle travaille ses plans en fonction d’elles : on a l’impression qu’elle cherche à donner à voir de quelle façon ces corps s’inscrivent dans le cadre où ils vivent et évoluent. Elle aussi sculpte ses images, non pas pour en tirer du beau à tout prix – à ce titre, la photo grisette de Christopher Blauvelt apparaît très appropriée – mais pour donner à ressentir toute la substance de leur(s) sujet(s).

Totalement habitée, ralentie par des forces pesantes, Michelle Williams s’avère remarquable. On s’attache surtout à ses pas à elle, quelque peu traînants, et à sa manière chancelante de se tenir, de se maintenir en fait. Son jeu physique raconte beaucoup, et apparaît à l’image du film : il dit les choses avec simplicité mais aussi profondeur.

Showing Up sortira dans les salles de cinéma françaises distribué par Diaphana Distribution.

Retrouvez tous les films du Festival dans notre dossier Cannes 2022

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Visuel : © Allyson Riggs / A24 

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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