Cinema

[Cannes 2016, Compétition] Adèle Haenel égérie des frères Dardenne avec « La fille inconnue »

[Cannes 2016, Compétition] Adèle Haenel égérie des frères Dardenne avec « La fille inconnue »

19 mai 2016 | PAR Yaël Hirsch

C’est au tour de Adèle Haenel, l’actrice révélée par la Naissance des Pieuvres de Céline Sciamma d’être mise à l’épreuve de la caméra réaliste des incontournables frères Dardenne. « La fille inconnue » est un cru classique pour les cinéastes belges qui restent fidèles à eux-mêmes mais ne se surpassent pas pour cette compétition officielle 2016 du Festival de Cannes.

[rating=3]

Remplaçante dans un cabinet médical  et social de la banlieue de Lièges, Jenny (Adèle Haenel), est un médecin généraliste ambitieux et dévoué. Un soir, avec son stagiaire, elle entend sonner mais, l’heure de fermeture étant passé depuis plus d’une heure, elle décide de montrer à son disciple qu’il faut poser des limites pour être bon médecin et ne va pas ouvrir. Le lendemain, la police vient la voir pour lui annoncer qu’on a retrouvé en face de son cabinet le corps d’une jeune fille inconnue. Rongée de culpabilité, Jenny décide de donner une tombe et un nom, à celle qu’elle n’a pas su sauver.

D’une rigueur extrême quant au déroulé de l’action, « La fille inconnue » est un thriller dont le dénouement importe peu : c’est la quête de Jenny qui obsède la caméra. Dans ce personnage fort, mais fragilisée, dans le rôle de cette femme qui semble n’être qu’ambition professionnelle noble (soigner les gens) et n’avoir aucune vie privée, Adèle Haenel sort de son rôle de jeune énergique pour trouver une présence plus féminine. Malgré la rigueur de l’intrigue et les excellents acteurs (Jérémie Rénier et Olivier Gourmet sont toujours et encore crédibles en gens simples chez les Dardenne), le film pêche un peu à convaincre tant sur le quotidien du médecin (Hippocrate ou Tirez la langue mademoiselle semblaient mieux observés et la médecine est surtout une manière pour dire que Jenny veut sauver) que sur la manière dont les ressorts de la culpabilités marcheraient. Ce qui était puissant, bouleversant et crédible dans un chef d’œuvre comme la promesse et plus difficile à appréhender et à tenir près de soi dans ce film qu’on suit de l’extérieur. On retrouve parfaitement la « patte » de Jean-Pierre et Luc Dardenne dans « La fille inconnue », mais ils semblent rejouer honnêtement un art qu’ils avaient poussé beaucoup plus loin dans d’autres films.

La fille inconnue, de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier, Louka Minnella, France/ Belgique, 2015, 1h53. En compétition. Distribution : Wild Bunch.
visuel : photo officielle.

[Cannes 2016, Compétition] Baccalauréat, Christian Mungiu sonde les affres de la corruption
Les vernissages de la semaine du 19 mai
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *