Cinema

Blancanieves, toute la magie du conte de Blanche Neige à l’espagnole

Blancanieves, toute la magie du conte de Blanche Neige à l’espagnole

14 janvier 2013 | PAR Edwige de Montalembert

Blancanieves est le deuxième long-métrage du réalisateur espagnol Pablo Berger (Torremolinos 73, 2005). En noir et blanc et muet, le film est une oeuvre de haute qualité cinématographique. Le spectateur redécouvre la magie du cinéma où l’image seule porte l’histoire et la musique guide les émotions. Le film redouble d’originalité avec un scénario adapté du conte de Blanche Neige des frères Grimm. Située dans l’Espagne des années 20, l’histoire mêle avec brio références au conte et à la culture espagnole.

Espagne 1920. Fernando (Daniel Gimenez-Cacho) est le plus grand matador de son temps. A l’apogée de sa carrière, il vit le grand amour avec Carmen (Macarena García). Mais le jour où le taureau l’empoigne dans l’arène sous les regards effrayés du public, Fernando est grièvement blessé. Au même moment, Carmen donne naissance à une petite fille, Carmencita-Blancanieves (Macarena García); mais la jeune femme doit y laisser la vie. Affreusement malheureux, Fernando ne reconnait pas l’enfant qui lui rappelle bien trop sa femme tant aimée. Invalide et dévoré par le chagrin, l’ancien matador devient la proie d’une infirmière prétentieuse et malhonnête (Maribel Verdu). Elle ne tarde pas à l’épouser et à envoyer l’enfant dans une pension loin de son nouveau couple. Mais le jour où Carmencita est de retour dans la maison de son père, employée comme souillon par son atroce belle-mère, les rôles vont s’inverser…

Le conte de fée vire à l’horreur et scèlle un destin connu de tous: celui de blanche neige. Blanche Neige ou la plus belle des femmes rend atrocement jalouse sa belle mère au point qu’elle désire sa mort. Il a fallu neuf années de gestation à l’oeuvre pour voir le jour et Pablo Berger réalise avec une main de maître cette adaptation; tous les ingrédients du conte sont présents: le père malheureux, la sorcière et marâtre, le fuseau, les nains, la pomme,  dans une mise en scène picturale et lumineuse.
Le choix du noir et blanc et du muet redonne au conte son merveilleux et sa force de magie et c’est avec bonheur que le spectateur se laisse envahir par les émotions que soulève l’histoire. Il y a un peu de La Strada de Fellini et de Cria Cuervos de Carlos Saura dans Blancanieves. Les actrices livrent des interprétations étonnantes avec des jeux de regards saisissants. Maribel Verdu dans la marâtre et femme du monde est excellente par sa noirceur et sa prétention; à l’inverse le jeu de Macarena Garcia, tout en douceur et enfantin, rappelle celui de Giuletta Masina dans La Strada. Les acteurs et surtout actrices se font de véritables “modèles”, comme le rappelle Maribel Verdu, pour leur metteur en scène qui devient le peintre d’une oeuvre.

Prix de la meilleure actrice pour Macarena Garcia (Blancanieves) et prix spécial du Jury pour Pablo Berger au festival de San Sebastien, le film a également été salué par la critique. Alors que le réalisateur craignait ne plus avoir l’effet de surprise – The Artist est sorti avant, l’effet est inverse. Pablo Berger reconnaît que The Artist a permis d’ouvrir une brêche vers le cinéma muet en noir et blanc et  et de montrer que cette forme cinématographique peut accueillir un large public. Un nouvel exemple de cinéma à suivre.

Blancanieves de Pablo Berger. Scénario de Pablo Berger. Avec Maribel Verdu, Daniel Gimenez-Cacho, Macarena García, Angela Molina. Rezo Films. 1h44. Sortie le 23 janvier 2013.

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Edwige de Montalembert

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