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[BERLINALE] El Bar: Dans les profondeurs de la nature humaine

[BERLINALE] El Bar: Dans les profondeurs de la nature humaine

16 février 2017 | PAR William Meignan

Avec son nouveau thriller psychologique en huis-clos présenté Hors-compétition El bar, Álex de la Iglesia marche dans les pas des grands réalisateurs s’étant aventuré sur ce terrain comme Carpenter avec Assault On Predict 13 (1976) ou Bunel avec The Exterminating Angel (1962). S’il réalise un film par moment extrêmement drôle et cynique quant à la nature humaine, il se perd rapidement dans un mélange de genre grossier.

 

Un bar est un lieu de passage, un lieu où les étrangers et les habitués se côtoient. Lorsque un jour, devant un petit bistro madrilène, un client se fait abattre d’une balle dans la tête, le tumulte quotidien s’arrête. Quand un client sort pour aller aider l’homme à terre, il se fait également abattre, la terreur s’installe.

C’est le début d’un thriller psychologique au ton extrêmement drôle qui commence. Les personnages s’interrogent, essayent de comprendre ce qu’il leur arrive. Pourquoi n’y va-t-il personne dans la rue ? Seraient-ils la cible de cette attaque qui semblait d’abord fortuite ? Peut-être que le hipster barbu resté coincé dans le bar est un terroriste ? Peut-être que que le vieux discret en costume a une bombe dans sa malette ? On assiste à l’émergence d’un microcosme fermé dont les membres vont être assailli par une peur totalement irrationnelle.

Porté au début par une mise en scène très mobile et rythmée, le ton d’abord comique s’efface doucement pour entrer dans un thriller de confinement où les personnages n’ont plus qu’un seul objectif : survivre.  Toutefois, en même temps que l’étau se resserre sur les personnages, l’humour noir du film disparaît progressivement pour laisser place à un film d’horreur de qualité médiocre aux traits comiques forcés.

Au travers de son film, le réalisateur veut offrir « une espèce de confrontation entre des personnages qui n’ont rien en commun entre eux » et s’hégire contre le préjugé classique : « l’ennemi est toujours hors de notre maison ou de notre pays ». Nous sommes notre premier et notre plus grand ennemi. Si cette belle morale défendue par le réalisateur est particulièrement d’actualité, son film parfois drôle mais souvent long n’est pas vraiment convainquant.

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William Meignan

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