Cinema
Benni, de Nora Fingscheidt, prix du public aux Arcs Film Festival

Benni, de Nora Fingscheidt, prix du public aux Arcs Film Festival

24 décembre 2019 | PAR Yaël Hirsch

Parmi la riche sélection de la compétition européenne des Arcs Film Festival, c’est Benni, l’histoire d’une enfant TRÈS difficile que le public a plébiscité pour cette édition 2019. Nous avons pu voir ce film social et fort au Ciné Cœur de Bourg Saint Maurice aux séances de rattrapage du lendemain du palmarès. Critique d’un film à ne pas manquer sur nos écrans le 4 mars 2020. 

Benni (Helena Zengel) est une petite fille de 9 ans, sujet à des colères d’une violence inouïe et que sa mère (Lisa Hagmeister) n’arrive pas à gérer. Cela fait des années que Frau Bafané (Gabriela Maria Schmeide), la responsable des services sociaux la traîne d’une famille d’accueil à l’autre en passant par des foyers. Mais à chaque fois, Benni explose de violence et finit dans un home d’urgence ou à l’hôpital psychiatrique où les services médicaux et sociaux ne savent pas quoi faire d’elle: elle est trop jeune pour être pleinement internée. En même temps, très attachée à sa mère, vive et empathie que, Benni pige vite et est très attachante. En tout cas pour celui qui est chargé de la surveiller sur le chemin de l’école : Michael (Albrecht Schuch). Après un dernier esclandre et l’optique d’envoyer l’incassable Benni à un programme expérimental au Kenya, il décide d’emmener la petite avec lui seule à seul en forêt. Pas d’eau, pas d’électricité : du calme et de l’espace pour instaurer la confiance.

Film d’une violence inouïe, et néanmoins aussi plein de vie autour de cette petite fille très difficile et terriblement touchante, le film émeut en développant plusieurs personnages secondaires riches, au-delà du duo fort formé par Benni et son accompagnateur. Chapeau bas à la jeune actrice, Helena Zengel, qui est phénoménale et en face, Albrecht Schuch, tout en mesure ! Côté image, le rose sature l’écran comme autant de sève et autant de sang quand la petite dérape jusqu’aux coups et l’automutilation. On la retrouve souvent attachée à un lit d’hôpital, victime en colère d’on ne sait quel criminel, a part sa faible mère et certains professionnels peut-être un peu plus distants. Il n’empêche, aucun d’eux ne perd jamais patience. Même si la confiance de venir au bout du cas et de voir la ce petite en paix s’érode au fil du film. Et même si certains se mettent y en danger. Un film sans leçons données et qui nous happe entièrement dans un cas douloureux et très humain. 

Un film allemand bouleversant à découvrir, ce printemps, en France. 

Benni, de Nora Fingscheidt, avec Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide, Lisa Hagmeister, Allemagne, 2019, 1h58, Ad Vitam, sortie française le 4 mars 2020.

visuel : photo officielle du film(c) ad vitam

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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