Cinema
Au bistro du coin: une douce comédie de quartier

Au bistro du coin: une douce comédie de quartier

16 mars 2011 | PAR Gilles Herail

Malgré un casting prometteur, le nouveau film de Charles Nemes sort en salle dans l’indifférence la plus totale. La critique d’une comédie pas hilarante mais plutôt touchante.

Synopsis officiel: Dans un élan de solidarité, les habitants d’un quartier se mobilisent et décident de monter un spectacle au profit d’un sans-abri. Tout le quartier défile alors au bistro du coin pour les préparatifs, au grand dam de Manu. Bertrand le patron du pressing, Vasarelli le flic, Fanny la crêpière, et Jules le tout jeune musicien ! Derrière les bons sentiments se cache souvent la mauvaise foi. C’est l’occasion de joyeuses engueulades, mais aussi d’amitiés improbables et de discussions passionnées… Il faut dire qu’il n’est pas simple de s’entendre, même pour une bonne cause, avec de telles personnalités.

Au bistrot du coin a tenté de lancer le buzz en surfant sur la vague régionaliste du moment en proposant pas moins de six doublages en dialectes régionaux. L’échec de cette stratégie marketing et le refus de présenter le film à la presse n’annonçait rien de bon quant à la qualité d’un projet auquel Europacorp ne semble pas croire. Au bistrot du coin n’est pourtant pas le nanar annoncé malgré sa mollesse générale. C’est dans sa recherche d’efficacité comique que Charles Némes semble le plus à la peine. La structure éclatée du scénario laisse place à une succession de scènettes servies par des acteurs plus ou moins connus qui n’ont pas le temps d’installer de rythme comique. Les dialogues réservent quelques bonnes répliques mais les numéros sont inégaux, Frédéric Bel ou François Berléand surnageant au dessus du lot.

Une comédie qui ne fait pas beaucoup rire, l’affaire semblait donc pliée. Au bistrot du coin dégage pourtant une mélancolie et des bons sentiments pas désagréables. Loin d’être un film du terroir, le film de Nemes s’installe dans un quartier moyen parisien, ses personnages archétypaux mais aussi sa diversité culturelle, sociale, que l’on voit finalement assez rarement au cinéma. Le personnage principal incarné par Fred impose la tonalité du film, finalement plus désabusée que prévue. On aurait aimé creuser cette atmosphère plus sociale, moins « efficace » qui transparait de temps à autres. Quelques plans rappellent une belle idée du film, surement naïve mais pas si anodine. Le spectacle réunit des habitants « actifs » dans la vie du quartier, souvent désagréables, pas vraiment altruistes mais qui partent d’un hommage à un sans abri mort de froid.

A la fin du film, on voit ainsi un autre sans-abri qui déambule à travers les rues du quartier, passe à côté des personnages que l’on a rencontrés auparavant. Il incarne le lien, celui que tout le monde connait, au moins de vue, une partie de l’histoire du quartier. On pense à La vie à nous de Gérard Krawczyk, qui dans une petite ville de province partait d’une même idée, du « quartier » avec les mêmes défauts, et cette même vision douce-amère d’une communauté de quartier. Au bistrot du coin n’est pas le film du siècle et n’est pas une comédie très drôle. On aurait cependant tort de trop tirer dessus car y apparaissent quelques jolis moments et des valeurs certes consensuelles mais racontées avec sincérité.

Gilles Hérail

Au bistrot du coin, une comédie française de Charles Némes avec Frédérique Bel et Fred Testot, 1h30, sortie le 16 mars 2011

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Gilles Herail

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