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« Une joie secrète » ou la nécessité de danser

« Une joie secrète » ou la nécessité de danser

11 septembre 2019 | PAR Julia Wahl

La caméra de Jérôme Cassou nous guide dans les danses de Nadia Vadori-Gauthier, auteure du projet « Une minute de danse par jour ».

Sortir du studio de danse

Ce fut une déflagration, ce jour de janvier 2015, où une fusillade emporta les dessinateurs de Charlie-Hebdo. Un coup de revolver qui obligea la danseuse et chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier à interroger son rapport à son art. Comment, un jour pareil, répéter seule, dans le huis clos d’un studio de danse ? Comment rejoindre les attroupements qui rythment la journée sans renoncer à danser ?

Pour répondre à ces injonctions contradictoires, l’artiste postule la nécessité de sortir du studio, non pour renoncer à la danse, mais pour danser avec les gens, avec toutes les gens. Alors émerge une idée : se contraindre, par tous les temps et toutes les humeurs, à danser, dans l’espace public, au moins une minute par jour. Une seule minute, qui suppose parfois d’interminables pérégrinations dans Paris afin de trouver un lieu nouveau, inédit. Aussi suivons-nous, grâce à la caméra de Jérôme Cassou, la chorégraphe dans les boulevards et les ruelles de la capitale, à la recherche d’un coin ni trop inhospitalier, ni trop convenu. Une autre façon de découvrir le passage des heures et des saisons sur les murs d’une ville de contrastes, des beaux quartiers de l’Ouest aux repères de deal à l’Est. 

Danser à la rencontre des gens

Car le geste de Nadia Vadori-Gauthier est avant tout militant : danser à la rencontre des gens pour rendre à nouveau possibles les échanges et la joie. Aussi filme-t-elle consciencieusement chacune de ses sorties pour les partager, par la magie d’Internet, avec le reste du monde. Des images auxquelles le montage de Jérôme Cassou fait la part belle et qui nous montrent la chorégraphe ondulant sur un quai de métro, dans un jardin public ou une manifestation.

En dépit des multiples références philosophiques d’une artiste docteure en philosophie – Nietzsche, Spinoza, Deleuze -, on peine à la suivre dans la foi qu’elle porte à ses apparitions publiques. Si l’étrangeté que sa présence apporte à certaines scènes quotidiennes interroge sur la modernité et sa routine, la portée quasi-mystique, sous couvert d’engagement, qu’elle accorde à son geste nous échappe quelque peu.

 

Crédit photo : « Une minute de danse par jour », Nadia Vadori-Gauthier

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Julia Wahl
Après dix ans d'enseignement des lettres en lycée, je travaille actuellement à la compagnie de danse verticale Retouramont comme chargée de diffusion et de production. Auparavant, j'ai œuvré six mois à l'Action culturelle du Mouffetard-Théâtre des arts de la marionnette. Ces expériences m'ont permis et me permettent encore de développer mes compétences en gestion de projet, en relations publiques et production, de même que ma connaissance des réseaux du spectacle vivant. A côté des ces activités professionnelles, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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Commentaire(s)

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    septembre 11, 2019 at 7 h 22 min

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