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Un Gatsby moderne, mais pas si magnifique

Un Gatsby moderne, mais pas si magnifique

15 mai 2013 | PAR Ines Zorgati

 

 

 

C’est aujourd’hui que débute le 66è festival de Cannes, et c’est le très attendu Gatsby le Magnifique qui a ouvert ce matin les festivités qui vont avoir lieu sur la Croisette jusqu’au 26 mai. Le réalisateur australien Baz Luhrmann, dont le film Moulin Rouge ! avait déjà fait l’ouverture de Cannes en 2001, signe ici une adaptation du roman éponyme de Francis Scott Fitzgerald qui se veut moderne et flamboyante, mais qui tombe pourtant rapidement dans l’excès et le kitch. Le film sort également en salles aujourd’hui, partout en France.

On comprend facilement ce qui a pu pousser Baz Luhrmann à réinterpréter le classique de littérature américaine qu’est Gatsby le Magnifique, écrit en 1925 par F. Scott Fitzgerald. L’intrigue du roman est efficace, avec ce qu’il faut de mystère et d’extravagance pour décrire avec originalité l’ambiance du New -York des années 20 qui fait tant rêver. Et le réalisateur a su lui rester fidèle en adaptant au grand écran la rencontre de Nick Carraway, un jeune écrivain déménageant à New York pour travailler dans la finance, et de son voisin, le millionnaire Jay Gatsby. L’amitié entre les deux hommes va alors conduire Nick à côtoyer des fêtes monumentales où l’alcool coule à flot, ainsi qu’ à aider son nouvel ami à renouer avec un amour perdu.

Le film réussi son pari de donner un nouveau souffle à l’histoire, en lui insufflant une modernité dynamique. C’est surtout à travers la bande originale que le film exprime son renouveau, avec des artistes tels que Jay-Z, Beyonce ou Lana Del Ray ayant accepté d’y poser leurs voix. Cette improbabilité anachronique est certes déconcertante, par exemple lorsque le « New York » d’Alicia Keys résonne lointainement sur un plan large de la ville encore en construction pendant les années folles, mais crée ce décalage si caractéristique du réalisateur de Moulin Rouge.

Cependant, à trop vouloir renouveler l’exploit de cette comédie musicale déjantée, Baz Lurhmann tombe vite dans la démesure. Le film est inégal, n’arrivant pas à trouver sa place entre le côté flamboyant du kitch assumé et la mièvrerie sentimentale. Pendant la première partie, où le personnage de Gatsby n’est encore qu’une ombre mystérieuse planant sur les fêtes extravagantes qu’il organise, les plans s’enchaînent vertigineusement. Feux d’artifices, costumes à plumes, whisky, tout s’entremêle violemment et de manière extrêmement condensée avant de retomber d’un coup et de faire paraître le reste du film complètement plat. Des effets douteux dignes des Feux de l’Amour, et renforcés par la 3D, comme les lettres des phrases écrites par Nick Carraway virevoltant sur l’écran, contrastent totalement avec la folle ambiance et les décors des années 20.

Heureusement, et c’est sans aucun doute le réel point fort du film, le casting est aussi impressionnant que juste dans son interprétation. Léonardo DiCaprio joue à merveille le rôle du millionnaire complexe et torturé par le souvenir d’un amour passé, et Tobey Maguire retrouve un peu du charme du timide Peter Parker en la personne du jeune et innocent Nick découvrant les frasques de l’époque de l’entre-deux-guerres.

Gasby le Magnifique (2h22) de Baz Lurhmann, avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire et Carey Mulligan. Sortie en salle: 15/05/2013.

Visuels : (c) affiche du film

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Ines Zorgati

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