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« Tout ce qu’il me reste de la révolution », Judith Davis passe du plateau au grand écran

« Tout ce qu’il me reste de la révolution », Judith Davis passe du plateau au grand écran

06 février 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis 2012, on suit avec une passion toute militante le travail du Collectif l’Avantage du doute qui sur la scène du Théâtre de la Bastille questionne la relation au travail. Les voici de retour mais sur grand écran, dans Tout ce qu’il me reste de la révolution, réalisée par Judith Davis.

Comme sur scène, Simon est un ex-soixante-huitard. Au cinéma, il est en plus divorcé et papa de grandes filles. L’une d’entre elles, Angèle (Judith Davis) est urbaniste et très vissée à l’idée d’espaces vraiment publics. Mais voilà. Elle est virée et s’interroge sur justement… ce qui lui reste de la révolution. Elle est perdue entre deux époques et surtout elle a du mal à faire confiance aux hommes. 

Tourné essentiellement à Paris, parfois en caméra à l’épaule, le film est direct. Cela se passe aujourd’hui et maintenant et pose les questions qui traversent les adultes aujourd’hui et maintenant. Les personnages jamais caricaturaux déchirent leurs failles au fur et à mesure. Le vieux monde est derrière elle, semble penser Angèle dont, comme dans La Légende de Bornéo, tout le décor de vie s’effrite. 

On s’amuse, on se reconnait, on rêve avec eux. Entre la sœur parfaite, néo-bourgeoise, et celle qui vend des moulures de l’instant présent pour toujours dans un appart de banlieue sous-loué, finalement, il n’y a pas tant de différences sur le fond. Et puis, il y a cette idée magique d’avoir prêté aux filles Mireille Perrier comme maman ex-militante mais tout de même, restée bab.

Tout ce qu’il me reste de la révolution ne vient pas dire qu’avant c’était mieux, ou que demain sera pire. C’est comme au théâtre, l’humour croise la rage et se calme avec un « pin’s de nostalgie ». Contrairement au théâtre, ici, le collectif dépasse la notion de travail pour aussi interroger ce que la famille veut dire. Et comme toujours, il reste Simon, qui sale la socca et qui nous invite à manger, là, dans la cuisine, à la bonne franquette. On n’est pas des bourgeois tout de même !

Tout ce qu’il me reste de la révolution
De Judith Davis
Avec Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas, Mireille Perrier, Mélanie Bestel, Nadir Legrand, Simon Bakhouche
Sortie le 6 février 2019
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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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