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Paterson, sept jours et sept nuits dans la poesie de Jim Jarmusch

Paterson, sept jours et sept nuits dans la poesie de Jim Jarmusch

19 décembre 2016 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Paterson est un film de Jim Jarmusch. Cette critique pourrait largement s’arrêter là. La recette est celle qui énerve ceux qui ne supportent pas le discret cinéaste, c’est elle qui aussi charme ses fans. Du rock, de la lenteur et surtout, un récit sans histoire.  En résumé, un poème comme une caresse, qui ne rime pas, contemplative à souhait.

Présenté à Cannes le film n’a pas forcément séduit. Pourtant, à coups sûrs, Paterson trouvera son public.  Dans cette histoire sans fin qui est rythmée par les jours et les temporalités de la semaine, le « héros » si on peut dire, est Paterson ( Adam Driver) , né et vivant à … Paterson. La ville du New Jersey, « végétante »,  est connue pour avoir vu passer les plus grands poètes : Carlos, Grinsberg et où pour qui habite cette ville, dans les yeux de Jarmusch, il est classique d’écrire un poème, que l’on soit une petite fille ou  un touriste japonais.

Dans ce rythme quasi biblique, seul le détail compte. Un gros bras aux allures de boxeurs ne tape que des rimes dans la laverie et le wall of fame compte ses stars locales.

Paterson semble être une bulle dans l’Amérique pré-Trump. Ici, les chutes d’eaux sont éternelles et Jarmusch nous dit chaque soir que le soleil se lèvera demain, comme si rien n’était plus important que l’inspiration à trouver dans le monde. Celui qui avait menait dans Dead Man Johnny Depp en bateau dans une esthétisante et infinie traversée ou s’interrogeait sur l’amour confronté à l’infini dans le raffiné Only lovers left alive garde son sens aigu d’un temps étiré qui ne craque jamais même quand un pistolet surgit sur la tempe d’un personnage.

Dans la petite ville, il se concentre sur les petites histoires qui font la vie, les désirs contraints et les rêves qui parfois deviennent réalité.
Paterson est un Jarmusch classique où le rythme est conjugué à l’éternité, où l’histoire est sans fin et où la beauté prime sur le fond. Un magnifique poème qui comme ceux que Paterson ( le héros) écrit sans cesse n’a aucun sens, et c’est cela qui fait de Paterson (le film) une pièce majeure dans le panthéon Jarmusch.

Paterson, un film de Jim Jarmusch, 1H58, distribué par Le Pacte, en salles le mercredi 21 décémbre

Visuel : Copyright 2016 Window Frame Films Inc. Photo by Mary Cybulski

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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