A l'affiche

[Critique] « La vallée des loups » Jean-Michel Bertrand, l’homme qui se fait loup

[Critique] « La vallée des loups » Jean-Michel Bertrand, l’homme qui se fait loup

25 décembre 2016 | PAR Olivia Leboyer

jmb_avec_les_loups_6_l2

La vallée des loups nous place dans une position de témoin privilégié : nous suivons Jean-Michel Bertrand, sur la piste des loups trois années durant. La rencontre tant espérée n’aura évidemment pas lieu tout de suite. Il faudra une patience attentive, tenue, avant d’apercevoir, enfin, et de loin, les fabuleux animaux. Un documentaire précieux, à découvrir dès le 4 janvier 2017.

[rating=4]

Jean-Michel Bertrand, qui possède pré et chevaux, rêve des loups. Alors, il part sur leurs traces, comme un loup solitaire, dans une vallée vaste et sauvage. L’homme s’impose un rythme particulier, veillant à ne pas perturber le lieu de vie du loup. Ne sortant qu’à certaines heures de la journée, dormant dans une petite tente de fortune, il s’applique aussi à faire pipi toujours aux mêmes endroits, pour marquer son territoire et laisser une empreinte reconnaissable. Dans l’espoir que, peu à peu, les loups s’habituent à sa présence discrète et l’acceptent. Jean-Michel Bertrand a disposé plusieurs caméras dans les arbres, pour capter des images de loups dans leurs déplacements nocturnes.

Au fil des saisons, l’homme affronte les intempéries (un orage mémorable), se plie à un mode de vie spartiate, guettant inlassablement. Mais, sur les images des caméras, ce sont des sangliers, des chamois, des daims, qui passent. Beaux animaux, tout comme les jolies chouettes qui fixent notre aventurier avec intensité, mais enfin, pas des loups. Le film nous place dans cette disposition d’attente, presque mystique. Confiance et patience vont ici ensemble : à force de se couler dans les habitudes des loups, un jour, miracle, un loup, puis deux, puis trois apparaissent sur l’écran. Très ému, Jean-Michel Bertrand les couve du regard, ombres blanches qui se découpent comme des fantômes familiers. Chez eux, il admire la liberté et, aussi, le sens de la famille. Un beau jour, l’un des loups, de loin, le regarde lui aussi. L’échange est magnifique.

Nous vous recommandons vivement de débuter l’année avec ce film, qui rappelle des valeurs essentielles. N’hésitez pas à emmenez vos enfants. Pas besoin, pour les impressionner, d’un film spectaculaire avec des animaux imaginaires ou, pire, avec des animaux dressés pour jouer la comédie. La Vallée des loups leur montrera à quel point la compréhension de l’autre demande patience, bienveillance et respect.

La vallée des loups, film documentaire de Jean-Michel Bertrand, 1h30, musique d’Armand Amar. Sortie le 4 janvier 2017.

visuels: affiche et photo officielles du film.

Sara Baras au Théâtre des Champs Elysées, courez-y !
Décès du chanteur culte George Michael
Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

One thought on “[Critique] « La vallée des loups » Jean-Michel Bertrand, l’homme qui se fait loup”

Commentaire(s)

  • Eric LAROSE

    Film vu au Festifilm Autrans… excellentes impressions ! un film à découvrir sans aucun doute !!

    janvier 1, 2017 at 19 h 34 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *