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[Critique] « Waste Land » un thriller sombre qui manque cruellement d’intensité

[Critique] « Waste Land » un thriller sombre qui manque cruellement d’intensité

23 mars 2015 | PAR Hugo Saadi

Méconnu du grand public le réalisateur Pieter Van Hees s’entoure de l’acteur belge Jérémie Renier pour s’introduire dans les bas-fonds de la capitale bruxelloise. Il en ressort avec Waste Land, un long métrage peu calibré qui s’étouffe trop rapidement.

 [rating=2]

Avec une scène d’introduction à ranger du côté du cinéma surnaturel – isolées en pleine ville, des personnes dorment dans un calme troublant – et doté d’une musique électro mystique en toile de fond, Waste Land démarre dans le bon tempo. Cela ne durera qu’un temps. Elle débute par une plongée en plein cœur d’une enquête policière qui tourne mal. Le spectateur se retrouve aux cotés de Leo Woeste, interprété par Jérémie Renier, faisant face à une multitudes de cas de meurtres. D’emblée, le film de Van Hees s’empare d’une noirceur qu’il gardera tout du long. Ce côté dark provient, du « waste land », la face sombre et le côté underground de Bruxelles, mêlant tous les trafics illégaux où la violence règne d’une main de fer.

Leo Woeste, est inspecteur avant d’être père, son travail l’accaparant au détriment de Kathleen Woeste, sa femme et Jack, son jeune fils. Parmi l’équation de la vie de couple, les appels en lien avec des meurtres sont réguliers. Bien que de prime abord Waste Land traite des magouilles de Bruxelles, le film vit au rythme de la relation, seul élément qui empêche le personnage de Renier de tomber au plus bas. Les encarts noirs du métrage correspondant aux semaines de grossesse de sa femme, permettent de quantifier l’emprise des affaires sur son quotidien et se construisent tel un compte à rebours, venant lui rappeler le rôle du père qu’il délaisse de plus en plus.

Trop mis de côté, le plan familial sera délaissé pour privilégier les enquêtes ainsi qu’une relation naissante avec Aysha Tshimanga, la du jeune congolais décédé dans un trafic de statues africaines. A ce moment là, le spectateur est amené dans les méandres des recherches, tombant malheureusement trop rapidement dans le fait divers et ne passionnant qu’en surface. Bien que le traumatisme sous-jacent de Renier donne un certain tempo au film, celui ci ne parvient pas à décoller de la simple histoire et arrivera à son terme sans susciter une quelconque émotion.

Malgré un scénario faisant office de gros point noir du film (le monde underground, représenté sans être édulcoré est à sortir du lot), la réalisation sobre et appuyée de Van Hees tente toutefois d’instaurer une vitalité dans la quête et la déchéance qui frôle le personnage principal. Enfin, Jérémie Renier est très bon, mais nage un peu seul dans le film …

« Waste Land », un film de Pieter Van Hees, avec Jérémie Renier, Natali Broods, Babetida Sadjo, thriller belge, 1h37. Sortie le 25 mars 2013.

Visuels © Chrysalis Films

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