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[Critique] « The Humbling » de Barry Levinson. Al Pacino se fait plaisir dans une comédie noire inégale

[Critique] « The Humbling » de Barry Levinson. Al Pacino se fait plaisir dans une comédie noire inégale

11 avril 2015 | PAR Gilles Herail

Variation moins prétentieuse que Birdman sur le thème de la crise existentielle d’un acteur vieillissant,The humbling peine à trouver sa tonalité. Les décalages comiques fonctionnent et on prend plaisir à retrouver Al Pacino dans un rôle à sa hauteur. Mais Barry Levinson aurait pu traiter de manière moins convenue ses questionnements sur la condition de comédien.

[rating=2]

Synopsis officiel: Célèbre comédien de théâtre, Simon Axler sombre dans la dépression au point de devenir suicidaire lorsqu’il perd soudainement et inexplicablement son don. Pour tenter de retrouver le feu sacré, il entame une liaison avec une lesbienne deux fois plus jeune que lui. Mais très vite, leur relation sème le chaos tandis que d’anciennes connaissances du couple réapparaissent dans leur vie…

Al Pacino n’est plus que l’ombre de lui même, cachetonnant dans des Séries B sans envergure qui jouent uniquement sur la nostalgie de ses fans. L’association avec Barry Levinson (réalisateur de de Rain Man) venait donc à point nommé pour relancer une carrière déclinante vers un cinéma adulte de qualité. The Humbling commence d’ailleurs plutôt bien et l’on se prend au jeu d’une comédie noire efficace jouant la carte du cynisme. La vieille gloire incarnée par Al Pacino se plait à surjouer son rôle d’acteur déprimé dans un centre de remise sur pieds et en séance skype avec son psy. Qui se retrouve embarqué dans des histoires improbables et harcelé par des personnages farfelus qui viennent perturber sa lente descente vers la sénilité. L’ambition de farce fonctionne  et les éléments de décalage burlesque sont autant d’occasion pour Al Pacino de foncer avec jubilation dans l’auto-parodie.

Mais ce mauvais esprit ludique et léger est sans-arrêt contrebalancé par un discours plus étudié, plus sérieux, et malheureusement plus convenu sur la condition d’acteur vieillissant. Le mal-être d’un homme nostalgique de sa gloire passée est présenté sans finesse par un Barry Levinson qui n’évite pas les lourdeurs de Birdman. On comprend les raisons pour lesquelles Al Pacino s’est identifié à ce personnage et a souhaité faire adapter le roman de Philip Roth. L’acteur s’est offert un rôle en or qui lui permet d’explorer diverses facettes tout en mettant en scène son propre mythe. Mais le plaisir de retrouver un grand acteur ne compense pas les faiblesses d’un film qui manque de cohérence et de direction. Des bons moments mais une impression finale mitigée.

Gilles Hérail

The Humbling, un film américain de Barry Levinson avec Al Pacino, durée 1h52, sortie le 8 avril 2015

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Gilles Herail

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