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Hunters, la série d’Amazon Prime qui transforme Al Pacino en parrain de chasseurs de nazis

Hunters, la série d’Amazon Prime qui transforme Al Pacino en parrain de chasseurs de nazis

16 mars 2020 | PAR Yaël Hirsch

Réalisée par David Weil, produite et diffusée sur Amazon Prime depuis le 21 février 2020, la série Hunters nous plonge dans le quotidien d’un escouade de chasseurs de nazis du New-York des années 1970. La saison 1 compte 10 épisodes kitschs et parfois tendres, où l’on sera sensible au yiddish de Al Pacino. 

Brooklyn, 1977, trente ans après la Guerre. Le jeune Jonah Heidelbaum (Logan Lerman) vit seul avec sa grand-mère Ruth, survivante des camps de la mort. Il travaille pour subvenir à leurs besoins. Une nuit il aperçoit celui qui la tue. « Vous ne pourrez pas vous cacher » dit sa grand-mère à l’inconnu avant  qu’il puisse s’enfuir. Lors des sept jours de deuil, apparaît un personnage fantasque et protecteur, Meyer Offermann (Al Pacino) qui lui conseille de choisir la vie pour faire mentir le passé. Mais Jonah est malin et remonte doucement la piste vers ce riche monsieur pour découvrir qu’avec sa grand-mère, il travaillait à documenter la vie d’ancien nazis venus vivre en toute impunité aux États-Unis. De son côté, noire, lesbienne et carrément futée, l’agent du FBI Millie Morris (Jerrika Hinton), enquête sur la mort étrange d’une ancienne chercheuse de la NASA, « réfugiée » allemande, gazée dans sa douche … 

Si certains flash-back dans les camps et certaines répliques hyper-explicatives sont d’une lourdeur assez insupportable pour le public européen quand il s’agit de parler de la Shoah, la qualité des acteurs, la « rutspah » (le culot en yiddish) de donner le rôle du principal vieux juif à Al Pacino brillant et la mise en scène Kitsch avérée (nombreux tributes à Tarantino, et sans hésitation, la chorégraphie de « Staying alive »…) sont autant de détails assez goûteux pour se laisser convaincre de voir la suite des épisodes… Mais le plus précieux dans cette série bien construite à partir de deux personnages, c’est le monde que la série retrace : non pas celui des juifs d’Europe incarné par une Ruth maigre en habit rayé. Mais « le monde d’hier » que retrace David Weil avec une jubilation communicative est celui des juifs du New-York des années 1970, qui mêle psyché, liberté, possibles grands ouverts et, à travers une génération de vieilles gens tatoués, à accents, des fantômes du passé trempé dans un amour viscéral de la vie. Touchants et présentés comme combatifs, ces survivants opèrent la rencontre de deux mondes qui ne devraient même pas pouvoir s’imaginer l’un l’autre. 

Hunters, de David Weill, avec Logan Lerman, Jerrika Hinton, Al Pacino, 10 épisodes de 52 à 90 minutes, sur Amazon Prime. 

visuel : affiche de la série (c) Amazon Prime 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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