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[Critique] « Rendez-vous à Atlit » Géraldine Nakache dans un film chaleureux et onirique sur la famille et l’identité israélienne

[Critique] « Rendez-vous à Atlit » Géraldine Nakache dans un film chaleureux et onirique sur la famille et l’identité israélienne

24 janvier 2015 | PAR Gilles Herail

Comédies de sœurs, film d’héritage, conte onirique, chronique sur l’espoir de Paix en Israël dans les années 1990. Rendez-vous à Atlit est tout ça à la fois et nous emmène dans de nombreuses directions. Avec un  travail de mise en scène qui crée une atmosphère à la fois réaliste et onirique. Un vrai film d’auteur à l’étrangeté séduisante.

[rating=3]

Synopsis officiel: Israël, 1995, la paix est enfin tangible. Dans la petite ville d’Atlit, Cali retrouve ses deux sœurs, Darel et Asia, pour vendre la maison héritée de leurs parents. Entre complicité et fous rires réapparaissent les doutes et les vieilles querelles, ainsi que d’étranges convives qui sèment un joyeux bordel. Le 4 novembre, Yitzhak Rabin est assassiné, le processus de paix est anéanti mais les trois sœurs refusent d’abandonner l’espoir.

On pensait se retrouver face à une interrogation sur l’Aliyah (l’installation en Israël) à travers le parcours de trois héroïnes franco-israéliennes retournant au pays après la mort de leur mère, pour régler des questions d’héritage. Et cet enjeu est effectivement présent dans les débats entre les trois sœurs, qui confrontent des rapports différents à leur identité et à Israël. La cadette baba-cool souhaite continuer une existence bohème de voyages à travers le monde. La deuxième, parisienne, cherche à se débarrasser au plus vite d’une maison lui rappelant trop de souvenirs d’un pays qu’elle rejette. L’aînée y voit au contraire l’occasion de se rapprocher de la terre de son enfance. Mais la réalisatrice Shirel Amitay (qui avait participé au scénario de l’excellent Gare Du Nord) n’a pas voulu d’un film didactique.

Dans la douce atmosphère de la petite ville d’Atlit et d’une vieille maison de bric et de broc, la complicité des trois actrices apporte de nombreux moments de tendresse et de drôlerie. Rendez-vous à Atlit s’aventure dans l’onirisme en introduisant un élément fantastique rappelant le Volver d’Almodovar : l’apparition récurrente des fantômes des parents qui rejoignent les trois sœurs et les accompagnent dans leurs cheminements. Provoquant des moments burlesques bordéliques et donnant une attachante étrangeté à un film qui aurait pu se complaire dans la simple chronique douce-amère. L’histoire de cette famille est habilement liée à une période historique charnière pour Israël. Au moment même où l’espoir de paix durable avec le peuple palestinien semble à portée de main, quelques jours avant l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Rendez-vous à Atlit est ce doux mélange difficile à décrire de réflexion sur l’identité, de comédie de vacances familiales, d’images oniriques et poétiques, d’émotion et de fou rires. Un film étonnant, personnel, que l’on ne sait pas forcément comment recevoir mais qui révèle une vraie vision d’auteur.

Gilles Hérail

Rendez-vous à Atlit, un film de Shirel Amitai avec Géraldine Nakache, durée 1H31, sortie le 21/01/2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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