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[Critique] « Qui c’est les plus forts » de Charlotte de Turkheim : comédie malhabile avec Alice Pol et Audrey Lamy

[Critique] « Qui c’est les plus forts » de Charlotte de Turkheim : comédie malhabile avec Alice Pol et Audrey Lamy

06 juin 2015 | PAR Gilles Herail

Le nouveau film de Charlotte de Turkheim s’embourbe dans un script très brouillon qui accumule les sujets de société et négocie très mal ses ruptures de ton. Les seconds rôles ultra caricaturaux et la lourdeur de l’écriture éclipsent malheureusement la jolie performance d’Alice Paul qui s’empare avec conviction d’un rôle de femme battante bien plus attachant que le reste du film, souvent gênant.

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Synopsis officiel: Sam, au chômage et pom-pom girl à ses heures, se bat pour conserver la garde de sa jeune soeur et pour arrondir les fins de mois difficiles. Avec Céline, sa colocataire et meilleure amie, elles imaginent toutes les solutions pour s’en sortir – du téléphone rose à l’art floral –jusqu’au jour où un couple inattendu vient sonner à leur porte…

Charlotte de Turkheim est une vraie actrice populaire, bonne cliente d’émissions télé, à la truculence attachante. S’éloignant de sa thématique « aristos », elle avait surpris avec Mince Alors qui avait connu un très large succès public malgré l’absence de têtes d’affiche. Mince Alors avait le mérite d’aborder avec une certaine intelligence la question du surpoids et d’offrir un beau personnage à Catherine Hossmalin, trop souvent réduite à des rôles comiques secondaires. Qui c’est les plus forts est aussi une comédie de femmes se présentant comme un feel-good social type Bowling ou Les Reines du Ring. Mais la question du chômage et du groupe de pom-pom girls est abandonnée en cours de route. Les dialogues très maladroits et l’interprétation outrée des seconds rôles, tout droit sortis d’un mauvais sketch, nous empêchent de croire à la chronique sociale qui cherche le réalisme et l’émotion.

Le malaise qui s’installe chez le spectateur est accentué par l’ajout de thématiques complexes qui alourdissent le propos. Le scénario marche sur des œufs en abordant avec beaucoup de maladresse la question des mères porteuses et de la GPA. En mettant en scène un couple d’homosexuels forcément avocats, habitant à Londres, écoutant bien évidemment de la musique classique dans des hôtels de luxe. Charlotte de Turkheim en rajoute une couche avec une sous-intrigue sur un personnage d’ado traumatisée par le décès de ses parents développant des troubles du comportement. L’overdose de sujets nuit au film dont on ne sait s’il utilise des caricatures pour provoquer le rire (sans succès) ou par simple maladresse. Contre son gré,Qui c’est les plus forts devient ainsi presque désagréable, négociant très mal les transitions entre comédie lourdingue et morale dramatique appuyée. Le film sort un peu la tête de l’eau grâce à son héroïne, interprétée par une actrice prometteuse, Alice Pol, qui trouve ici son rôle le plus abouti. Défendant avec beaucoup de conviction un personnage qui fait parfois oublier le malaise entourant le reste du film.

Gilles Hérail

Qui c’est les plus forts, une comédie française de Charlotte de Turkheim avec Alice Paul et Audrey Lamy, sortie le 3/06/2015

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