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Alice Pol : « Le cinéma pour moi ce n’est que de l’émotion »

Alice Pol : « Le cinéma pour moi ce n’est que de l’émotion »

08 octobre 2022 | PAR Yaël Hirsch

Nous avons rencontré, à Dinard, l’actrice Alice Pol, membre du jury qui a couronné Emma de France O’Connor. A l’affiche du deuxième volume des Vieux Fourneaux cet été et prochainement au cinéma dans Un petit miracle de Sophie Boudre avec Jonathan Zaccaï et Eddy Mitchell, elle nous parle de théâtre, de cinéma et de comédie.

Comment envisagez-vous le travail de membre du jury ?

J’ai déjà eu la chance de participer à plusieurs jurys : Beaune, Cabourg et l’Alpe d’Huez. Ce que j’aime en premier lieu, c’est de voir des films auxquels je n’aurai pas eu accès. Je vois beaucoup de films, essentiellement français, et j’aime me plonger dans d’autres cinématographies. 

Notre rôle c’est vraiment d’être des spectateurs comme les autres, d’être le plus honnête possible avec les émotions que nous avons ressenties. Le cinéma pour moi ce n’est que de l’émotion. Tout ce que nous pouvons analyser sur la technique, il faut s’en départir le plus tôt possible. Nous voyons le film dans une salle avec du public. Nous ressentons aussi l’énergie des gens et il faut juste raccorder avec cette sensation que nous avons ressentie en découvrant le film. Il ne faut pas intellectualiser afin d’être le plus juste possible. 

Vous avez commencé sur les planches. Continuez-vous à jouer au théâtre ? 

J’ai rejoué sur scène l’année dernière avec Sami Bouajila une pièce en province, Disgrâce, et cela m’a fait du bien de retrouver la scène. J’ai commencé par le théâtre et j’ai écrit deux pièces de théâtre. La deuxième est prête et j’aimerais la jouer un jour. De manière générale, j’ai besoin d’écrire. Il est même rare que je n’écrive pas du tout. En ce moment je travaille à l’écriture d’un roman. 

Que vous apporte le tempo, que demande la comédie au théâtre dans votre jeu devant la caméra ? 

J’ai la sensation que la comédie est un genre plus difficile. Vous parlez du tempo, il y a quelque chose de métronomique, de musical et je ne suis pas sûre que cela s’apprenne. Il faut avoir le goût de cela. Si l’on n’aime pas soi-même rire de la vie, on n’a pas cet esprit. Si quelque chose d’incongru se passe, j’ai envie de rire. Cela a un lien aussi avec l’oreille musicale. Il faut sentir quand il faut monter ou descendre sa voix. Alors que quand nous jouons dans un registre plus dramatique, la difficulté est autre : c’est quelque chose à relâcher, alors que la comédie c’est tout le temps en tension.

Qu’est-ce que cela apporte d’être dirigée plusieurs fois par la même personne ? Quel genre de  climat de confiance cela instaure quand on est comédienne ? 

Cela m’est arrivé plusieurs fois de retrouver des metteurs en scène. Je dirais que c’est merveilleux parce que quand on réitère ça veut dire qu’on a été réciproquement séduit par une oeuvre commune, on a éprouvé du bonheur qui est parvenu jusqu’au public. En revanche, la difficulté c’est que plus nous sommes proches des gens plus nous avons peur de les décevoir. C’est un autre stress. 

Parlez nous du film Un petit miracle que vous venez de faire ? 

C’est l’histoire d’une jeune femme institutrice dans une école de province où il n’y a qu’une seule classe. L’école brûle, les élèves vont devoir rejoindre d’autres écoles mais elle décide de trouver une salle de substitution. Dans sa quête, le maire lui propose d’aller à la maison de retraite. Et très vite c’est la pagaille : les vieux veulent assister aux cours, les gamins mettent de la pâte à modeler sur la tête des vieux. Ce mélange aboutit à quelque chose de très drôle et de touchant à la fois. Je joue aux côtés  d’Eddy Mitchell et de Jonathan Zaccaï.

visuel (c) Dinard Festival du film britannique

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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