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[Critique] du film « Marseille » Hommage nostalgique décousu de Kad Merad à la cité phocéenne

[Critique] du film « Marseille » Hommage nostalgique décousu de Kad Merad à la cité phocéenne

19 mars 2016 | PAR Gilles Herail

Le nouveau film de Kad Merad avec Patrick Bosso alterne le pire et le plutôt pas mal dans un hommage décousu à la célèbre cité phocéenne. Marseille se rate à tous les niveaux dans une première partie « comique » affligeante, avant de trouver un fil d’émotion plus juste dans des séquences nostalgiques qui magnifient une ville ouvrière multiculturelle mythique. Notre critique.

[rating=2]

Extrait du synopsis officiel : Devant l’insistance de son frère Joseph, qu’il n’a pas revu depuis 25 ans, Paolo se résout à abandonner quelques jours sa vie calme et harmonieuse au Canada, pour revenir à Marseille au chevet de son père accidenté. Il part donc, son fils sous le bras, bien décidé à ne pas s’attarder dans cette ville qu’il a fui, des années plus tôt, à la suite d’un drame.

Kad Merad était déjà passé derrière la caméra pour une comédie dramatique débordant de bons sentiments (Monsieur Papa) et un délire absurdo-jouissif signé avec l’ami Olivier (Mais qui a retué Paméla Rose). Son nouveau film, Marseille, a souffert d’une promotion malhonnête le présentant comme un « Bienvenue chez les Ch’tis du Sud » fourni en blagues « avé l’accent ». Toute la première partie (45 bonnes minutes tout de même) joue d’ailleurs maladroitement sur cette corde, dans un déluge de références faciles et de personnages ridicules (les deux enfants). Le rythme brille par sa mollesse, l’écriture frôle l’indigence et Kad Merad sous-exploite ses talents burlesques dans une sous-intrigue très creuse sur le retour au pays de l’exilé. Alors que la partie semble perdue, un autre film commence lors d’une deuxième moitié qui délaisse la mauvaise gaudriole régionale pour tisser un fil d’émotion beaucoup plus juste.

Marseille devient alors une chronique nostalgique sur les souvenirs perdus du père, vieil immigré italien qu’un accident a rendu amnésique. Le scénario offre de très jolies scènes sur les efforts de sa famille pour lui faire retrouver la mémoire, dans une chambre d’hôpital qui se transforme en scène de théâtre. Où sont ravivées les images et les couleurs d’une Marseille mythique, terre d’accueil cosmopolite pour des générations d’immigrés de tout l’espace méditerranéen. Kad Merad n’est pas avare en bons sentiments mais sa mise-en-scène et sa direction d’acteurs se font tout à coup plus délicates. Tournant le dos aux sketchs lourdingues des premières scènes pour trouver de la tendresse. Marseille aurait pu être une bonne surprise si son metteur-en-scène avait su mener sa barque de A à Z et résister aux attentes des producteurs. Reste un film hommage décousu, inégal, mais non dénué d’émotion.

Gilles Hérail

Marseille, une comédie française de Kad Merad avec Patrick Bosso, sortie le 16/03/2016

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film
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Gilles Herail

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