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[Critique] Le tournoi d’Elodie Namer, l’art de filmer le jeu d’échec

[Critique] Le tournoi d’Elodie Namer, l’art de filmer le jeu d’échec

22 avril 2015 | PAR Simon Théodore

Le 29 avril, sort le premier film d’Elodie Namer, Le tournoi. Rare sont les films s’intéressant à l’univers échiquéen. Aidée par des joueurs professionnels, la jeune réalisatrice relève le défi et rend le jeu intéressant pour le profane. Plusieurs intrigues annexes, trop légèrement assumées, transforment ce film parfait en un long métrage en demi teinte.

[rating=4]

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Avec de faux airs de Magnus Carlsen, Cal (Michelangelo Passanti) gagne sa finale de tour. Il devient, ainsi, le champion de France d’échec et, en vue d’une préparation pour les Olympiades, il participe au tournoi de Budapest organisé dans un grand hôtel où tous les joueurs se côtoient. Surnommé « La Serrure », ce joueur hors norme se retrouve confronté à Max (Adam Corbier), un jeune prodige de 8 ans. Voyant, dans ce garçon, une enfance qu’il n’a pas eue, le doute s’installera en Cal jusqu’à la rupture psychologique. Avec sa bande de copain, dont Fabien Libiszewski (dans le rôle d’Aurélien ou plutôt le sien) et Lou de Laâge (Lou), la vie en tournoi est, comme si elle n’était qu’un jeu perpétuel, rythmée par les paris incessants.

Le style cinématographique et l’ambiance générale permettent au spectateur de rentrer, en totale immersion, dans un monde où le cliché du geek intello fan de Kasparov est remplacé par celui du joueur adepte de paris insensés et d’émotions fortes. Les initiés retrouveront l’ambiance propre à la compétition : la préparation avec le logiciel, les blitz alcoolisés du soir ou encore la tension et l’attroupement de la foule lors du zeitnot formidablement bien amené.  Les profanes devront, parfois, s’accrochés lorsqu’il est question des ouvertures (débuts de parties). Malgré quelques faiblesses dans le jeu de l’acteur principal, Adam Corbier est, quant à lui, parfait dans le rôle de l’enfant très doué et très turbulent. En dépit de quelques exagérations, ce monde des échecs est très bien adapté !

En revanche, avec un film de moins de 90 min, Elodie Namer se perd à proposer des intrigues, trop peu développées pour être réellement prenantes. Certaines, à l’aide d’images crues, choquent tandis que d’autres pourraient être le fil conducteur d’un scénario entier. Les décors, les lumières sont sombres mais aucune tension, aucune angoisse ne se dégage véritablement. Que ce soit la fête, la relation sacrificielle d’un champion face à son entraîneur ou encore les relations amoureuses des joueurs, il y a tant de choses à dire sur cet univers… Avec la même approche visuelle et cette même idée de suivre Cal dans ses déboires, la réalisatrice n’aurait pas du s’éparpiller et se focaliser sur une seule problématique.

Ce film est donc très convaincant, pour l’initié, mais il restera quelques regrets. Avec quelques scènes cocasses, Fabien Libiszewski fera parler de lui lors des prochains tournois. De plus, Elodie Namer a trouvé une manière très dynamique de rendre télégénique ce jeu de plateau. Le Tournoi rappellera des souvenirs à certains mais la mise en scène des conflits gravitant autour du personnage principal ne convaincra pas les cinéphiles. Trop court, ce film, au sujet original, est cru et captivant.

Le tournoi, Réalisé par Elodie Namer. Avec Michelangelo Passanti, Lou de Laâge, Adam Corbieer et Fabien Libiszewski. durée : 1h23. Genre : drame. Sortie le 29 avril.

Visuel : Affiche du film

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One thought on “[Critique] Le tournoi d’Elodie Namer, l’art de filmer le jeu d’échec”

Commentaire(s)

  • Vendel Valerie

    Bravo à Lou et à Michelangelo pour leur prestation . Nous avons passé un agréable moment au Caméo de Metz en votre compagnie. Film à voir impérativement !

    avril 22, 2015 at 23 h 44 min

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