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[Critique] « Le temps de quelques jours » : immersion captivante parmi les sœurs d’un couvent cistercien

[Critique] « Le temps de quelques jours » : immersion captivante parmi les sœurs d’un couvent cistercien

05 octobre 2014 | PAR Gilles Herail

Le temps de quelques jours est un documentaire aussi modeste que les bonnes sœurs qu’il filme et écoute. En 1H15, cette plongée inattendue dans un univers fascinant nous apprend beaucoup sur ce choix de vie hors du commun et nous présente des femmes étranges au caractère bien trempé.

[rating=4]

Synopsis: Loin des clichés, les sœurs de l’Abbaye de Bonneval se confient et surprennent par leurs réflexions sur la société, la consommation, le rapport au temps. Première et unique caméra à entrer au sein de l’ordre Cistércien de la Stricte Observance, elle nous fait découvrir des femmes à la philosophie étonnamment moderne en plein cœur d’une abbaye séculaire.

Le temps de quelques jours n’est sorti que dans un poignée de salles mercredi dernier. Ce documentaire de Nicolas Gayraud porte pourtant en lui une vraie dimension populaire, allant là où personne n’était allé avant lui. L’abbaye présentée lui a en effet ouvert ses portes, pour quelques petits jours, afin de capter un rapport au temps et à l’existence différents. En suivant leurs ballades, leurs déambulations et leur quotidien, le réalisateur souhaite nous faire partager cette expérience de vie unique, difficilement compréhensible. Le temps de quelques jours donne beaucoup la parole à ces bonnes sœurs, jeunes ou âgées, de régions voire de pays différents, qui se sont engagées dans une vie communautaire très réglée mais aussi ouverte sur la contemplation. Nicolas Gayraud ne cherche pas réellement l’expérience sensorielle ou les belles images. Son approche est plus humble, proche d’un journal de bord, assumant sa présence étrangère et partageant avec les spectateurs les difficultés qu’il a rencontrées. Le rapport à la caméra est différent pour chaque bonne sœur, certaines gênées, d’autres plus joueuses, donnant au film une vraie singularité. On ne ressort pas de la séance en comprenant les raisons et le pourquoi du comment. Le film a une ambition plus simple, et aussi plus sincère. Témoigner de ce choix de vie à contre courant, qu’il interprète comme quasiment contestataire, et réaliser de beaux portraits de femmes. Beaucoup de pensées, de drôlerie, de malice mais aussi d’étrangeté dans cet émerveillement face aux petites choses de la nature qui les ravissent. Une immersion simple, rudimentaire, bricolée, mais souvent captivante.

Gilles Hérail

Un documentaire de Nicolas Gayraud, durée 1h15, sortie le 1/10/14

Bande-annonce et visuels officiels du film.
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Gilles Herail

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