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[Critique] « Le Labyrinthe » Episode d’introduction reprenant sans génie la recette Hunger Games

[Critique] « Le Labyrinthe » Episode d’introduction reprenant sans génie la recette Hunger Games

18 octobre 2014 | PAR Gilles Herail

Le Labyrinthe ne manque pas d’efficacité, mais peut être de personnalité. Ce premier épisode d’une série en devenir laisse un peu sur sa faim, en assurant un honnête spectacle sans jamais réussir à briller.

[rating=2]

Synopsis officiel: Quand Thomas reprend connaissance, il est pris au piège avec un groupe d’autres garçons dans un labyrinthe géant dont le plan est modifié chaque nuit. Il n’a plus aucun souvenir du monde extérieur, à part d’étranges rêves à propos d’une mystérieuse organisation appelée W.C.K.D. En reliant certains fragments de son passé, avec des indices qu’il découvre au sein du labyrinthe, Thomas espère trouver un moyen de s’en échapper.

Le Labyrinthe a parfaitement compris la mode actuelle des franchises pour ados populaires. Un univers sombre, de science-fiction réaliste, qui renvoie un groupe de jeunes à leurs instincts primaires, manipulés par une élite mystérieuse qui tire les ficelles. The Host, Where I live Now, Divergente, Hunger Games, Ender’s Game et même The Purge s’inscrivent tous dans cette tendance. Les folles aventures ludiques à la Retour vers le futur n’ont plus la cote et ont donc laissé place à des films de survie, plus violents, plus bruts, avec parfois de belles réussites. Le film nous présente assez habilement les règles de son univers: une nouvelle recrue, qui apparaît une fois par mois, par une mystérieuse boite. Pour rejoindre une communauté d’ados livrés à eux mêmes, victimes d’amnésie, pris au piège, qui s’organisent en micro société pour maintenir le calme et éviter l’anarchie. L’élément déclencheur est l’arrivée d’un jeune homme différent, qui souhaite s’affranchir du statu quo et va tout chambouler. Au niveau du script, le film n’ira pas beaucoup plus loin, attendant les 3 dernières minutes pour en dévoiler un peu et laissant le spectateur frustré.

Le Labyrinthe se prend pour Hunger Games mais n’en n’a pas réellement les moyens, se rapprochant plus de séries B horrifiques à la Purge Anarchy. L’ambiance stressante et le suspense fonctionnent, avec une certaine tension qui se noue progressivement. Mais le film ne sait pas utiliser les éléments qui auraient pu le différencier de la masse des productions similaires. La vie de la communauté et les jeux de pouvoir entre les ados restent schématiques. Le Labyrinthe lui même n’est qu’un prétexte, un figurant qui perd rapidement son caractère mystérieux alors qu’il aurait du être un personnage à part entière. Pas assez de claustrophobie, d’immersion dans ce dédale inquiétant qui parait trop facile à contourner. Ultra classique dans sa structure, suivant à la lettre le guide des « épisodes 1 » censés lancer une franchise, Le Labyrinthe est donc une déception, même si la projection est loin d’être désagréable. Efficace film de survie, Le Labyrinthe annonce peut être une grande série de science-fiction dystopique. Mais ne nous donne pas assez de matière pour réellement y croire.

The Maze Runner, un film de Wes Ball avec Dylan O’Brien, Aml Ameen et Will Poulter, durée 1h54, sortie le 15/10/2014

Bande-annonce et visuels officiels.
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Gilles Herail

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