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[Critique] « L’Apôtre », Cheyenne Carron filme avec grâce le mystère de la foi

[Critique] « L’Apôtre », Cheyenne Carron filme avec grâce le mystère de la foi

01 octobre 2014 | PAR Olivia Leboyer

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Après le très beau La Fille Publique (voir notre critique), sur l’adoption, Cheyenne Carron livre un film limpide et lumineux sur la foi et la conversion religieuse. A découvrir en salle dès aujourd’hui.

[rating=4]

Un jeune homme, Akim (Faycal Safi), se destine à une carrière d’imam, comme son oncle : un jour, dans son quartier, il voit un corps emporté sur une civière. Une voisine, la sœur d’un prêtre, a été assassinée. Brutale, simple, la scène est frappante, indélébile.

Peu après, Akim apprend que le prêtre continue d’habiter à côté de la famille de l’assassin. La vengeance, la haine semblent étrangères à cet homme de Dieu. Il y a là quelque chose qui étonne Akim, au sens fort du terme. Alors, progressivement, le jeune homme tourne, tout doucement, autour de l’Eglise et de ses symboles. Chez lui, au sein de sa famille, les discussions théologiques sont à la fois fréquentes et bloquées. Son oncle imam est ouvert au dialogue, mais la religion catholique ne souffre pas de comparaison, à ses yeux, avec l’islam, seule vraie religion. Akim s’interroge, veut comprendre les distinctions théoriques entre les deux religions. Mais, au-delà, il a surtout été touché au cœur : comme un adolescent, le voilà qui dissimule sous son oreiller un missel, une image pieuse. D’un coup, l’amour du Christ l’envahit et lui insuffle une force jusque-là insoupçonnée.

Un autre hasard, un accident de vélo, là encore, lui fait rencontrer un homme sympathique, qu’il revoit régulièrement. Justement, ce nouvel ami est sur le point de faire baptiser son bébé. Invité à la cérémonie, Akim, de nouveau, tombe sous le charme de l’esthétique catholique. Les chants, le lieu, le rituel, font naître en lui une émotion.

Cheyenne Carron filme la naissance de la foi avec un regard bienveillant et pur. Les scènes de famille, naturelles et très justes, émeuvent : en particulier l’opposition violente entre Akim et son frère, superbe d’amour déçu. Les dialogues sur la foi et ses mystères, sur les points de théologie, sont suffisamment longs et naturels pour captiver le spectateur.

Profondeur, simplicité et sincérité : un très beau film sur la révélation et la bonté.

L’Apôtre, de Cheyenne Carron, France, avec Faycal Safi, Brahim Tefka, Sarah Zaheer, Salah Sassi Yannick Guérin, Norah Krief, Touffik Kerwaz. Sortie le 1er octobre 2014.

visuels: affiche et photo officielles du film.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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