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[Critique] « La vie en grand » Conte de banlieue optimiste à hauteur d’enfant

[Critique] « La vie en grand » Conte de banlieue optimiste à hauteur d’enfant

19 septembre 2015 | PAR Gilles Herail

Le premier film de Mathieu Vadepied est une douce chronique de banlieue qui suit le parcours de deux amis, l’un pré-ado, l’autre enfant. La vie en grand évite les bons sentiments mais affiche un optimisme à toute épreuve qui éloigne le film du réalisme et l’emmène vers le conte. Une comédie sociale intelligente et soignée, révélant un jeune acteur très prometteur.

[rating=3]

Synopsis officiel : Adama est un adolescent de 14 ans. Il vit avec sa mère dans un petit deux-pièces en banlieue parisienne. Il est en échec scolaire même si c’est un élève prometteur. Avec Mamadou, plus jeune que lui, ils vont inverser le cours de leurs vies.

Le « film de banlieue » est en voie de diversification depuis plusieurs années, utilisant la cité comme décor plutôt que thème. Et s’intéressant à des personnages qui s’éloignent du cliché du jeune adulte traineur, avec des rôles de filles (Bandes de filles, Papa as not a rolling stone) ou de trentenaires (Qui vive avec Reda Kateb). La vie en grand a choisi de prendre le point de vue de deux enfants. Un pré-ado éloigné de sa fratrie (Adama), qui va se lier d’amitié avec un camarade plus jeune que lui (Mamadou), qu’il va adopter comme son petit frère. Les deux vont se retrouver embarqués dans des histoires qui les dépassent, après avoir commencé à revendre du cannabis retrouvé dans la rue après une descente de flics. Nos trafiquants amateurs vont alors se faire récupérer par le dealer du coin qui va utiliser leurs visages d’ange pour continuer son business dans un quartier de plus en plus surveillé par la police. Le ton est à la chronique plus qu’à la pochade pure mais les séquences de préparation des barrettes et de deal réservent de jolis moments de comédie.

La vie en grand nous raconte une histoire à hauteur d’enfant. Celle d’Adama, 14 ans mais paraissant plus jeune, séparé de ses frères et sœurs, habitant avec leur père ou rentrés au bled. Un jeune héros qui souhaite améliorer le quotidien de sa mère et réunir la cellule familiale dispersée. Et prend sous son aile Mamadou en l’associant à ses plans douteux dans des situations risquées dont ils vont avoir du mal à s’extraire. Mathieu Vadepied s’appuie sur des éléments de contexte réalistes mais assume son ambition de conte optimiste avec happy-end. Où l’espoir est incarné par l’école, l’équipe enseignante (Guillaume Gouix, attachant en professeur de sport) et cet internat qui va permettre à Adama de se sortir de ses galères. La filiation avec le cinéma d’Eric Tolédano et Olivier Nakache, producteurs du film, est bien là. L’image est soignée, la photographie léchée, les choix musicaux toujours pertinents. Comme Intouchables, La vie en grand respecte son univers et ses personnages, amène du beau et du sensible malgré la légèreté du propos. Un conte de banlieue optimiste qui ne marquera pas les esprits mais fait passer un très agréable moment. Et révèle un jeune acteur de très grand talent, Balamine Guirassy, que l’on espère revoir rapidement sur grand écran.

Gilles Hérail

La vie en grand, une comédie dramatique française de Mathieu Vadepied avec Balamine Guirassy et Ali Bidanessy, durée 1h33, sortie le 16/09/2015

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Gilles Herail

One thought on “[Critique] « La vie en grand » Conte de banlieue optimiste à hauteur d’enfant”

Commentaire(s)

  • Matthias Turcaud
    Matthias Turcaud

    Une vraie petite perle qui sait audacieusement mélanger deal de shit et poèmes de Du Bellay ! A voir !

    septembre 24, 2015 at 13 h 05 min

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