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[Critique] « Papa was not a Rolling Stone » un regard différent sur la banlieue, féminin et inscrit dans les années 80

[Critique] « Papa was not a Rolling Stone » un regard différent sur la banlieue, féminin et inscrit dans les années 80

11 octobre 2014 | PAR Gilles Herail

L’histoire de Sylvie Ohayon méritait d’être partagée. Se racontant à travers le personnage d’une jeune ado intello, brillante, rêvant de s’échapper des 4000, la réalisatrice montre la banlieue sous un angle méconnu. Un regard féminin, une réalité des années 80s et une tendresse n’esquivant pas la lucidité.

[rating=3]

Synopsis officiel: Dans les années 80, Stéphanie grandit à La Courneuve auprès d’une mère absente et d’un beau-père brutal. Très vite, elle décide de se sortir de son quotidien morose. Grâce à l’amour de sa grand-mère, à ses lectures, sa passion pour la danse et pour Jean-Jacques Goldman, elle se débat dans cette cité colorée où l’amitié est primordiale. Un jour, elle le sait, Stéphanie quittera la cité pour mener la vie dont elle a toujours rêvé. Le film raconte l’histoire de cet envol.

Papa was not a Rolling Stone manque de buzz, de bling bling, de stars pour devenir un succès populaire. Sous ses airs de gentil téléfilm sur la cité dure mais solidaire, le film mérite pourtant qu’on s’y attarde un peu plus. L’histoire n’est ni rose, ni pleurez-mes-frères. Sylvie Ohayon s’inscrit dans le genre de la chronique adolescente classique mais altère plusieurs éléments. Le décor qu’elle a connu n’a quasiment jamais été montré dans le cinéma français. Et oui, la banlieue existait avant Jamel et Kassovitz. Et dans les années 80, on pouvait y écouter du Jean-Jacques Goldman. Les 4000 étaient aussi, comme c’est souvent la norme, peuplées à 50% de femmes (Bande de filles en parlera aussi dans quelques semaines). Et elles sont bien présentes, au premier plan.

Papa was not a Rolling Stone est entre Tout ce qui brille, La Haine et La Boum. Et c’est ce qui fait son charme. On rit beaucoup, notamment grâce à un second rôle essentiel de Soumayé Bokoum. L’héroïne est complexe, intello mais intégrée, se battant corps et âme pour quitter la Courneuve mais profondément attachée à cet environnement qui l’a vu grandir. Parfois fleur bleue, parfois maladroit dans la description de certains personnages, notamment du beau-père, le film possède pourtant cette énergie qui nous fait oublier le reste. Loin d’être révolutionnaire dans sa forme, Papa was not a Rolling Stone a l’inestimable mérite d’évoquer la banlieue d’une manière différente, en lui donnant une histoire, et en finissant par une note hommage aux Courneuviens. Une jolie surprise.

Gilles Hérail

En décembre, sortira un autre film relatant la banlieue différemment. Qui reprendra les années 90 et le noir et blanc de La Haine mais en posant ses valises à Strasbourg et non à Paris pour revivre l’adolescence d’Abd Al Malik. On vous en parle bientôt.

Papa Was Not a Rolling Stone, une comédie de Sylvie Ohayon avec Doria Achour et Aure Atika, durée 1H39, sortie le 08/10/2014

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Gilles Herail

2 thoughts on “[Critique] « Papa was not a Rolling Stone » un regard différent sur la banlieue, féminin et inscrit dans les années 80”

Commentaire(s)

  • mimi

    J’ai adoré le film de Papa was not a Rolling stone pour l’avoir vu en Avant Première. Toute la salle du cinéma a ri et applaudi!!! Film à voir.

    octobre 14, 2014 at 2 h 18 min
  • Adam

    a part une ou deux bonnes blagues je me suis ennuyé.
    Suffit pas de mettre des références des années 80 pour faire un bon film. Par çontre l’actrice est prometteuse.

    octobre 16, 2014 at 0 h 32 min

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