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[Critique] « Kingsman : services secrets », mariage réussi entre l’humour et le film d’espionnage

[Critique] « Kingsman : services secrets », mariage réussi entre l’humour et le film d’espionnage

17 février 2015 | PAR Hugo Saadi

Après avoir tourné en dérision l’univers des super-héros dans Kiss-Ass, Matthew Vaughn s’en prend désormais à l’agent secret 007 dans l’adaptation de la BD Kingsman : services secrets. Une recette 100% auto-dérision et humour décalé qui séduit et offre un second souffle au genre.

[rating=4]

Le mythe de l’agent secret avait déjà été re-brossé par Michel Hazanavicius dans OSS 117. Matthew Vaughn, réalisateur du premier Kick-Ass et de X-Men : le commencement s’en sort remarquablement bien et s’amuse comme un enfant avec les codes du genre. D’entrée de jeu, le réalisateur britannique nous donne le tempo et après une brève présentation des différents personnages et de l’intrigue, il met en place son jeu d’échec. Les pions avancent un à un et les duels physiques ou psychologiques s’installent rapidement pour aboutir sur un final explosif.

Bien que le film soit calibré comme un blockbuster (musique omniprésente, nombreux effets spéciaux), il se démarque par son traitement de l’intrigue, le mauvais goût et les mélanges des genres. Kingsman l’élite du renseignement britannique est à la recherche de leur nouvel agent. Un concours pour le trouver occupera le spectateur pendant la moitié du temps tandis que la seconde, s’attardera sur le choc entre l’agence d’espionnage et le criminel. La première partie fait la part belle à Colin Firth, qui joue le recruteur à l’élégance parfaite et trouve en la personne de Eggsy (Taron Egerton), jeune ado impertinent de la banlieue londonienne, son poulain dans la course à la place de nouvel espion. Dans un style proche de l’école des X-Men, les multiples candidats regroupés dans un château s’affrontent dans des épreuves plus ou moins originales. Kingsman bat un peu de l’aile, mais se relancera une fois la confrontation avec le bad guy Richmond Valentine, génie de la technologie entamée.

« Si tu reviens vivant on peut le faire par le cul »

Oui, Kingsman pourrait être à première vue destiné à un public jeune, mais au sortir du film force est de constater que la violence et le côté vulgaire à certains moments du métrage, font de cette relecture du film d’espionnage classique, une séance à réserver à un public averti. Matthew Vaughn prend plaisir à critiquer ouvertement les films d’espionnage et propose de ne jamais se prendre au sérieux. Cela passe inévitablement par le personnage du méchant, interprété par un Samuel L. Jackson qui avait tendance à trop cabotiner ces dernières années. Mais cette fois-ci, le cheveu sur la langue et le look décontracté (jogging, casquette sur le côté) lui vont à merveille et chacune de ses répliques discréditent sa position de force, rire assuré. Du côté de l »arsenal technologique, il est de pointe avec des gadgets nombreux tandis que les combats sont très (trop) rapides, parfois même illisibles. Niveau violence aucune censure n’est présente, le réalisateur se lâche complètement, avec utilisation de la slow-motion et il s’offre même le luxe de filmer des combats en caméra subjective. La musique, omniprésente rythme parfaitement l’ensemble et surprend souvent : musique rock lors d’un massacre filmé dans un style bande dessinée, classique lors d’un bouquet final explosif en décapitations… Les acteurs eux, prennent un malin plaisir à jouer et cela se ressent à l’écran. À savoir, dans Kingsman, JB ne veut pas dire James Bond, ni Jason Bourne mais tout simplement Jack Bauer (série 24h) …

Kingsman : Services secrets, un film de Matthew Vaughn, avec Colin Firth, Samuel L. Jackson, Taron Egerton, film d’action britannique, 2h09. Sortie le 18 février 2015.

Visuels © Twentith Century Fox.

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