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[Critique] « Fury » Brad Pitt et Shia Labeouf dans un film de guerre intimiste, puissant et désabusé

[Critique] « Fury » Brad Pitt et Shia Labeouf dans un film de guerre intimiste, puissant et désabusé

25 octobre 2014 | PAR Gilles Herail

Anti-spectaculaire, intimiste, filmant l’attente et la lente agonie de la seconde guerre mondiale, en avril 1945, Fury est un excellent film de guerre, excellemment joué, pêchant seulement par un final trop Hollywoodien.

[rating=4]

Synopsis officiel: Avril 1945. Les Alliés mènent leur ultime offensive en Europe. À bord d’un tank Sherman, le sergent Wardaddy et ses quatre hommes s’engagent dans une mission à très haut risque bien au-delà des lignes ennemies. Face à un adversaire dont le nombre et la puissance de feu les dépassent, Wardaddy et son équipage vont devoir tout tenter pour frapper l’Allemagne nazie en plein cœur…

David Mayer cherche l’intime, nous invitant à bord d’un char pour suivre un groupe de soldats s’accrochant comme ils le peuvent à l’espoir de passer à travers la grande boucherie de 1939-1945. Menée par un leader charismatique (Brad Pitt), cette équipe, qui a survécu pendant un an en passant à travers les mailles du filet, se retrouve en territoire ennemi. En Allemagne, à quelques semaines de la capitulation, à affronter les unités les plus fanatisées de l’armée hitlérienne. Peu de films ont aussi bien montré l’épuisement de la fin de guerre, l’avancée lente, village par village, mètre par mètre, en subissant de lourdes pertes. Tout en sachant que la défaite allemande n’est qu’une question de jours. Ces derniers combats sont l’occasion de filmer la guerre de manière anti spectaculaire. En suivant 5 hommes désabusés, déshumanisés, s’abritant derrière une apparente camaraderie grivoise cachant mal l’usure, l’épuisement et la peur permanente qui les rongent.

Filmant des décors ruraux grisâtres, des combats à petite échelle, Fury nous montre une avancée des alliés peu triomphale, laborieuse et choisit de montrer le champ de bataille de manière moins grandiloquente et plus réaliste. Le spectaculaire se joue alors sur l’intime et la tension, grâce à l’excellent casting, où l’on prend plaisir à redécouvrir Brad Pitt et Shia Lebeouf, tous les deux excellents. La réalisation se permet quelques moments de grâce, notamment un incroyable combat entre deux chars, où chaque manœuvre compte, où chaque erreur peut être fatale. Le dernier tiers, rejouant Fort Alamo, se retrouve malheureusement en parfaite contradiction avec le reste du film. Efficace et bien mené, cet épilogue plus proche du western que du film de guerre réaliste tombe dans les travers de la surdramatisation hollywoodienne. On ressort malgré tout de la salle épuisé, sous le choc, car Fury est  un film de guerre puissant, un film de genre qui évite la fascination pour la violence et un drame humain bouleversant.

Gilles Hérail

Fury, un film de guerre de David Ayer avec Brad Pitt et Shia Lebeouf, durée 2h14, sortie le 22/10/2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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