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[Critique] « Fort Bliss » : questionnement intéressant sur la relation entre l’armée et la vie de famille

[Critique] « Fort Bliss » : questionnement intéressant sur la relation entre l’armée et la vie de famille

15 juin 2014 | PAR Hugo Saadi

Avec Fort Bliss, la réalisatrice Claudia Myers a voulu faire un film sur la guerre et non de guerre comme peut le présupposer l’affiche et la scène d’introduction. C’est en réalisant un documentaire pour l’armée qu’elle entend un témoignage qu’elle a tout de suite décidé d’adapter au cinéma. Avec l’émouvante histoire d’une militaire médecin de l’US Army, elle offre aux spectateurs un regard différent et sincère sur l’armée mélangeant le dévouement pour la patrie et les sacrifices familiaux à prendre.

[rating=4]

La scène d’introduction nous emporte en Afghanistan, en plein convoi militaire, aux côtés de Maggie Swan, médecin de l’US Army. Une roquette ne tarde pas à venir troubler le calme de la mission et c’est parti pour cinq minutes de stress intense, de sang et de larmes. Cette mère célibataire effectue son dernier jour de mission avant de rentrer à Fort Bliss, Texas et retrouver Paul, son fils âgé de cinq ans qu’elle a quitté quinze mois plus tôt. Bien entendu le retour à la réalité est brutal. Paul souhaitant rester vivre chez son père et sa belle-mère refuse d’éprouver une quelconque joie. On assiste alors à une sorte de « kidnapping » par la mère qui tentera par la suite de renouer un lien  avec son fils qui reproche d’être partie.

On connaissait les durs retours au bercail des soldats qui souffraient de PTSD, ici Claudia Myers s’attache à nous montrer le versant femme / mère. Un questionnement sur l’armée est donc de rigueur ainsi que sur soi-même. Pour cette femme qui est plus efficace dans son travail de médecin que de mère, la fuite et donc les sacrifices sont une des solutions, une échappatoire qu’elle entrevoit rapidement lorsqu’elle décide de rempiler pour une nouvelle mission qui la fera repartir dans six mois. Le film nous introduit dans le quotidien de cette femme depuis son retour à son prochain départ ; comment gère t-elle sa vie sentimentale et sa plus grande interrogation, comment annoncer qu’elle repart à son fils ? La réalisatrice n’en oublie pas non plus de se pencher sur le jeune garçon, troublé par ces événements et sur son ex-mari qui souffre aussi de la situation : « j’ai toujours une peur énorme quand le téléphone sonne et que je ne reconnais pas la voix ou quand des gens viennent sonner à la porte, peur d’avoir affaire à des personnes en uniforme m’apprenant la terrible nouvelle ».

Fort Bliss délaisse donc le côté purement militaire et masculin en s’attachant à l’entourage et aux sacrifices effectués. Enfin, si le film est touchant et émouvant c’est grâce à la très bonne performance de Michelle Monaghan (aperçue récemment dans la série True Detective), juste et brillante ainsi que du jeune garçon, Oakes Fegley.

Film présenté dans le cadre du Champs-Élysées Film Festival : Avant-Première Américaine.

Fort Bliss, un film de Claudia Myers, avec Michelle Monaghan, Ron Livingston, Emmanuelle Chriqui, drame américain. Pas de date de sortie

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Hugo Saadi

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