Comédie musicale

« The King and I » : les splendeurs du Siam au programme d’une grande comédie musicale au Châtelet

« The King and I » : les splendeurs du Siam au programme d’une grande comédie musicale au Châtelet

15 juin 2014 | PAR Yaël Hirsch

Dans la continuité du magnifique Carousel (voir notre chronique) qu’il a monté l’an dernier, le Théâtre du Châtelet continue à revisiter les classiques du tandem Rodgers & Hammerstein. Extrême-Orientaliste en diable, The King and I est un spectacle total de 3h15, spectaculairement mis en scène par Lee Blakeley et porté par l’irrésistible duo formé par Lambert Wilson et Susan Graham (parfois assuré par Christine Buffle). Un incontournable de cette fin de saison culturelle à Paris!

[rating=5]

Créé à New-York en 1951 d’après les mémoires de Margaret Landon, institutrice britannique dépêchée auprès de la cour du Siam dans les années 1860, The King and I représente avec force de chants, danses et décors sublimes, le choc culturel d’une rencontre entre le roi polygame et tout puissant Mongkut et une institutrice anglaise au caractère bien trempé. le spectacle que propose le Théâtre du Châtelet de cette comédie musicale classique parvient à allier avec brio tradition et modernité. Tradition d’abord, avec des décors et des costumes somptueux, un tombé de rideau qui encadre les scène habilement et des soieries à n’en plus finir. Tradition respectée également de par la qualité musicale absolument étourdissante du spectacle : l’orchestre Pasdeloup mené par James Holmes ménage rythme et brio, et toutes les voix sont magnifiques, à commencer par Susan Graham, qui EST Anna, tandis  que la coréenne Je Ni Kim est magnifique en Tuptim et que Lisa Milne expose un timbre chaleureux dans la partition de la première épouse du roi. Les deux enfants (James Clarck et Noam Guetta) sont également excellents. Quant à Lambert Wilson, il reprend le rôle si fortement marqué par la personnalité de Yul Brynner avec un génie éblouissant. Parlant l’anglais avec un phrasé savoureusement haché de « petit thaï », c’est tout en souplesse et en mouvement qu’il joue la carte de l’humour; et il sait s’arrêter de faire le pitre juste à temps, pour marquer les airs graves (« It’s a puzlement ») témoignant de sa mutation.

C’est d’ailleurs peut-être lui qui insuffle en premier une touche de modernité dans cette comédie musicale très ethnocentrique, car sa manière de jouer le pitre et d’endosser son physique très occidental aux cheveux blancs pour jouer le roi de Thailande est une manière fine de se faire le meilleur avocat possible de la culture du Siam, y compris quand elle déborde vers ce que sa tutrice considère « barbare ». Dans ses conditions, les voir danser et chanter ensemble le fameux « Shall we danse » sort du conte de fée pour amener vers l’idée d’une vraie entente entre un homme et une femme très différents. Dans le même ordre d’idées, les chorégraphies proposée par Peggy Hickey s’éloigne de celles, désormais classiques, proposées par Jerome Robbins dans la version originale de la comédie musicale. Dans la fameuse « marche des enfants siamois », elle glisse un peu d’insolence. Elle va souvent voir du côté de la danse thaïlandaise et sa vision du fameux spectacle offert à l’ambassadeur britannique par le roi est à couper le souffle.

The King and I est un moment de spectacle total absolument magique, qui n’oublie jamais sous ses débauches de soieries et ses grandes voix où et qaund il se situe. Du très grand spectacle vraiment digne de Broadway, et l’un des « must see » de ce mois de juin parisien.


The King and I, Lambert Wilson sur la 42e Rue par francemusique

visuel : Photo de répétition ©Marie-Noëlle Robert / Théâtre du Châtelet

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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