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[Critique] « Fidelio l’odyssée d’Alice » passionnant portrait de femme en mer porté par la révélation Ariane Labed

[Critique] « Fidelio l’odyssée d’Alice » passionnant portrait de femme en mer porté par la révélation Ariane Labed

27 décembre 2014 | PAR Gilles Herail

Fidelio confirme la belle tendance des premiers films français cette année après Party Girl et Les Combattants. Lucie Borleteau nous embarque dans un vrai film de mer et de marins, porté par une jeune actrice fantastique. Passionnant de bout en bout et plein d’espoir pour la suite. 

[rating=4]

La marine marchande reste un univers d’hommes et la figure du marin fait partie de l’inconscient collectif, avec ses visages abîmés, sa camaraderie, son alcool et ses femmes. Mais c’est justement une mécanicienne que la réalisatrice Lucie Borleteau va suivre dans une odyssée à travers les mers qui scellera le destin du bateau et fera grandir son héroïne. Il y a une vraie ambition documentaire dans ce Fidélio qui nous présente le quotidien d’un équipage de grand cargo. La mécanique, les injonctions de la société mère, les risques. Mais surtout l’humain. Avec des marins philippins, français ou d’Europe de l’Est. Partageant des traditions, des us (et des salaires) différents. Mais une même passion de la mer et une expérience partagée de la solitude latente que ne compensent pas totalement l’esprit de fête et les escales alcoolisées. Fidelio est pourtant une fiction, avec un sens certain du romanesque et des sentiments.

Le film suit en effet trois odyssées.Celle du bateau, personnage essentiel du film, dont les soucis mécaniques amènent la tension dramatique à plusieurs reprises, dans une ambiance oppressante. Celle d’un marin décédé, dont on découvre la vie et les états d’âme à travers un journal de bord retrouvé dans sa cabine. Et bien évidemment le voyage de l’héroïne, Alice. On pense à Party Girl dans ce portait de femme à la croisée des chemins, éprise de sa liberté cherchant en même temps à stabiliser son port d’attache. Ce personnage offre au film l’occasion d’une vraie réflexion sur la féminité dans un univers d’hommes, en abordant notamment frontalement la question sexuelle. Qui prend peut être parfois trop de place mais devait être traitée. Lucie Borleteau a réussi un premier film complet, aussi bon dans la chronique d’un univers professionnel passionnant que dans le portait de femme. Une cinéaste à suivre.

Gilles Hérail

Fidélio l’odyssée d’Alice, un film de Lucie Borleteau avec Ariane Labed, durée 1H37, sortie le 24/12/2014

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One thought on “[Critique] « Fidelio l’odyssée d’Alice » passionnant portrait de femme en mer porté par la révélation Ariane Labed”

Commentaire(s)

  • Bonjour,
    J’aime bien les film qui suivent un fil

    Cordialement

    décembre 27, 2014 at 19 h 38 min

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